Pour que d’autres puissent vivre

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

‘’Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.’’

En disant ces mots très graves, Jésus pensait d’abord et avant tout à sa mort immimente. C’était une annonce voilée de cette mort à laquelle il allait consentir, et dont il savait qu’elle portait beaucoup de fruit. Mais cet évangile est également une invitation à nous, ses disciples, à le suivre en ce consentement à la mort pour que d’autres puissent vivre.

C’est une invitation un peu terrible, non? Pourtant nous le faisons tout le temps, à bien y penser. Peu de gens sont appelés à donner carrément leur vie pour que d’autres puissent vivre. Mais nous sommes légion non pas à mourir tout court, mais à consentir à mourir à une part de nous-mêmes pour que d’autres puissent vivre, ou revivre, ou vivre mieux. Je pourrais donner mille exemples, mais le plus beau pour moi, c’est l’exemple de la paternité et de la maternité.  Lorsqu’on accepte d’avoir un enfant, c’est un engagement de 20 ans. On devra faire le sacrifice d’une multitude de choses, pour le bien de son enfant. Pour la mère en particulier, c’est une mort à soi. Elle accepte, pendant neuf mois, de ne plus vivre pour elle-même, mais pour l’enfant qui est en elle. Elle accepte d’être pendant 9 mois le vaisseau dans lequel cet enfant pourra se développer au point où il peut vivre hors de son corps. Que dire de l’inconfort et surtout, de l’accouchement? C’est bel et bien une mort à soi, à son bien-être que d’accepter d’avoir un enfant. Oui me direz-vous, mais on oublie vite le prix qu’on a payé, devant l’enfant qu’on voit naître, devant le bonheur que l’on récolte en tant que mère, en tant que père. Eh bien justement. Voilà qui confirme la promesse de Jésus. Celui, celle qui meurt, porte beaucoup de fruit. Il l’avait bien dit.

Nous sommes chrétiens. Là où le Christ passe, nous devons suivre. Il n’y a pas à en sortir. Mais ce qui est beau, c’est que nous en faisons l’expérience de fait, concrètement. Et en mourant à nous-mêmes, nous portons beaucoup de fruit.

Rendons grâce à Dieu pour cette fidélité dans nos vies, à la suite du Christ. Rendons grâce à Dieu pour chaque fois que d’une façon ou d’une autre, nous mourons à nous-même et ce faisant, nous portons beaucoup de fruit.