Nous savons tous que la Trinité est un mystère. Alors que nous célébrons Noël, Pâques et la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte, le dimanche de la Trinité nous invite à réfléchir à une idée. Un concept théologique. Il nous invite à célébrer quelque chose qui nous dépasse, malgré tous nos efforts.
Dieu sait que nous avons essayé. Les images, les analogies sont légion.
Mais Dieu est toujours plus grand que ce qu’on peut imaginer. Le mystère de la Trinité nous le rappelle. Si nous essayons de trouver une métaphore, une image parfaite pour décrire ce mystère, nous nous heurtons aux limites des catégories de la pensée humaine. On ne peut pas enfermer Dieu dans une boîte. Dieu n’y rentre tout simplement pas. Tout ce qu’on peut faire, c’est multiplier les façons toujours limitées de le décrire et de le comprendre.
Et Dieu demeurera toujours un mystère. Dieu un et trois. Père, Fils et Saint-Esprit ; Dieu le Créateur, Dieu l’Incarné et le Saint-Esprit. C’est au cœur de notre foi catholique et pourtant, ça nous échappe. Le mieux qu’on puisse faire c’est de rester émerveillés devant la présence omniprésente de Dieu. Penser à Dieu peut être transformateur, terrifiant et mystérieux. ‘’J’ai encore beaucoup de choses à vous dire’’ nous dit Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui, ‘’mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.’’ La vérité de Dieu sera toujours plus grande que ce que nos esprits, facilement dépassés, peuvent supporter. La vérité de Dieu confrontera et déroutera toujours, réconfortera et confirmera. Nous célébrons la Trinité tout en reconnaissant humblement qu’elle nous dépasse. Et peut-être que cela suffit. Un Dieu qu’on ne pourra jamais comprendre totalement, du moins pas dans cette vie. Et pourtant, un Dieu qui se révèle dans les Écritures. Un Dieu qui donne la bonne nouvelle aux pauvres, la vue aux aveugles et la liberté aux prisonniers. Un Dieu qui va de village en village, parfois seul, parfois accompagné, rencontrant les malheureux, les aveugles, les malades, les endeuillés et ceux, celles qui ont perdu espoir. Un Dieu qui écoute avec compassion, un Dieu qui parle avec amitié et conviction.
Peut-être qu’il suffit d’être invités à entrer dans ce mystère. Nous dire que nous, qui ne pouvons pas comprendre ce mystère, sommes invités à entrer dedans, tout simplement, à en faire partie. Julien de Norwich a écrit que notre âme doit accomplir deux devoirs. Deux seulement. Le premier est de s’émerveiller avec révérence et d’être surpris. Le deuxième est de lâcher prise doucement et de se laisser aller, toujours en se réjouissant en Dieu.
Peut-être suffit-il d’être surpris et de se réjouir.
Peut-être suffit-il de comprendre que Dieu est un Dieu d’amour, même quand la haine nous entoure. Que Dieu est un Dieu de vie, même lorsque la mort, la destruction et l’agonie nous entourent. Henry Nouwen a écrit : « L’espérance est liée à Dieu. Nous avons de l’espoir et de la joie dans notre foi, car nous croyons que, alors que le monde dans lequel nous vivons est plongé dans les ténèbres, Dieu a vaincu le monde. Nous suivons Celui qui n’est ni limité ni vaincu par les souffrances du monde.»
Dans notre incompréhension de la Trinité, contentons-nous d’être surpris et enchantés par Dieu : pardonnant les péchés, guérissant les malades, ressuscitant les morts, révélant le Royaume des Cieux.
Que cela nous suffise.
Consentons à être et à demeurer toujours, par la grâce de Dieu, surpris et enchantés.