La promesse de bonheur à accomplir.

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Avez-vous hâte à Noël ? — Mon professeur de piano m’a demandé ça avec tout le respect qu’il devrait à son grand’père. Il essayait de me faire jouer “Jingle Bells” à deux mains. Il voulait m’encourager…. Hâte à Noël ? — Je suis resté bouche bée… J’étais à peine plongé dans la préparation de ce matin.

Vite, les images de la Parole se sont mises à jouer dans ma tête. Celle attribuée à Jérémie. Je ferai germer un Germe de justice. La prière du Psaume 24. Enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route, dirige-moi avec fidélité, tu es le Dieu qui me sauve.

Noël est germe et commencement : il montre le chemin. Qui le dirait mieux qu’un petit enfant, un fils d’homme, venu dans la nuit du monde ? — Dieu fait voir son visage. L’amour du Père donne son Fils unique que le monde ait la vie. Il accomplit sa promesse de bonheur. C’est pour le salut du monde !

Paul redit aux Thessaloniciens l’enseignement du Seigneur, en paroles et en actes. Une prière à deux volets. 1- Que Dieu vous donne entre vous et pour tous un amour de plus en plus intense et débordant. 2- Vous faites déjà ce qui plaît à Dieu. Je vous en prie dans le Seigneur Jésus, faites de nouveaux progrès !

Est-ce que ça serait ça, avoir hâte à Noël ? — Dans l’enfant, Dieu accomplit sa promesse. Sa Parole est venue pleine chair. Toute personne qui l’accueille avec foi a le pouvoir de devenir enfant de Dieu… Ça, nous le sommes déjà ! Mais l’image du Fils semée en nous est déformée par nos fragilités. Son chemin dévoyé, sa vraie fidélité trahie, sa vitalité blessée à mort par nos péchés.

Le Psaume 24 épelle la hâte de Noël. Nous n’en avons ce matin que quelques versets. Il vaut d’être prié en entier. Comme tous les psaumes acrostiches, il chante l’amour de Dieu de A à Z. En le priant, on passe du chemin à suivre à l’Alliance à vivre. De l’humble reconnaissance des égarements à la fidélité qui pardonne et remet en route. C’est le B.A. BA du bonheur.

Soyons clairs ! — La Parole entendue ce matin ne raconte pas Noël. Ni quand un prophète associé à Jérémie réunit les frères ennemis, Israël et Juda. Ni quand il voit refleurir la dynastie de David éteinte depuis des siècles. Ni quand il célèbre le retour de l’exil vers un monde de justice, vers la gloire rebâtie de Jérusalem. Ni quand le Psaume appelle à la conversion, quand il en appelle à l’infinie bonté et tendresse de Dieu. Ni quand Paul nous veut de plus en plus amour….
La Parole du jour ne raconte pas une histoire. Elle creuse le désir. Elle suscite l’espérance. Elle réveille la hâte de voir la promesse entièrement accomplie. Elle ne s’accroche pas au passé, à de doux rêves et souvenirs d’enfance. Elle proclame l’À-venir. Voici venir des jours. J’accomplirai ma promesse de bonheur, oracle du Seigneur. En ce temps-là… Lors de la venue de notre Seigneur.

Année après année, nous refaisons des voeux de bonheur, de joie, de paix. Pas seulement, pour nos amours et nos proches. Noël nous élargit le coeur à tous les hommes, toutes les femmes de bonne volonté. Année après année, sans nous lasser. Malgré nos résistances et misères que nous n’arrivons pas à dépasser. Malgré celles du monde, infinies et à l’évidence invincibles.

Jésus nous parle de sa venue. Non celle de Bethléem. Celle du Fils de l’homme avec puissance et grande gloire. Des signes le précèdent dans le soleil, la lune, les étoiles, sur la terre et dans le fracas de la mer. Les évangiles les ont déjà racontés en essayant de faire voir le sens de la croix de Jésus et de sa résurrection. L’accomplissement de la promesse de Dieu. L’aboutissement cosmique de l’espérance.

Redressez-vous, relevez la tête. Restez éveillés, ne laissez pas votre coeur s’alourdir. Laissez plutôt l’Esprit saint nourrir votre espérance dans la prière ! Ce que célèbre l’Avent, ce que nous attendons, ce n’est pas la fin du monde. C’est le Règne du Christ Ressuscité, l’univers recréé en lui, par lui et avec lui, dans la justice, le droit, la fraternité, la paix. L’inimaginable ! Ce que célèbre l’Avent, ce que nous attendons jusque dans notre propre chair, la fragilité de notre condition humaine, c’est le mal à jamais vaincu. Que cette espérance nous fasse tenir debout devant lui quand nous paraîtrons en sa présence. Que son parfait amour nous purifie et nous délivre de toute crainte.

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