Galiléens, mon heure n’est pas encore arrivée

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Pourquoi Jésus a-t-il quitté la Judée, la région où Jean Baptiste baptisait? L’évangéliste Matthieu nous donne la réponse: «Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée.» À ce moment-là, Jésus se rend compte que lui aussi pourrait être arrêté et que cela pourrait le conduire à la mort, comme ce fut le cas pour le Baptiste.

Jésus ne tient pas à subir une mort violente ; c’est seulement à la toute fin de sa vie qu’il consentira à subir une mort violente, parce qu’il sera alors devenu conscient qu’une mort violente, causée par son enseignement prophétique, serait la pleine réalisation de son amour pour son Père et pour ses soeurs et frères juifs.

Donc la première raison pour laquelle Jésus quitta la Judée, c’était parce que, comme il le dit lui-même à sa mère lors des noces de Cana, «mon heure n’est pas encore arrivée». Plus tard, cette heure, celle de sa mise en croix, sera le plus grand témoignage de son amour.

La deuxième raison pour laquelle Jésus s’en alla en Galilée est le fait que les gens de cette région étaient des juifs et des non-juifs qui n’observaient guère les commandements de la Loi. D’où la désignation de «Galilée des nations», que l’évangéliste Matthieu emprunte à Isaïe. Contrairement aux Judéens, c’est-à-dire aux sadducéens, aux pharisiens et aux zélotes, qui se pensaient purs parce qu’ils observaient la Loi dans son entièreté, les Galiléens devaient exercer des métiers jugés impurs pour gagner leur vie.

C’est ainsi que Jésus accorda sa préférence aux impurs, aux pécheurs. Il leur offrit la grande lumière de la miséricorde divine : «Le peuple qui habitait dans les ténèbres, nous dit Matthieu après Isaïe, a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.»

J’aime bien le fait qu’Isaïe ajoute, s’adressant au Seigneur: «Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin.»

C’est bien la Bonne nouvelle. Comme l’écrit Matthieu, «Jésus parcourait toute la Galilée; il enseignait dans leurs synagogue, proclamait la Bonne nouvelle du Royaume.» Je me rappelle que dans les années 1970 les moines de Taizé et les jeunes qui s’étaient engagés dans le Concile des jeunes répandaient la joyeuse nouvelle.

Jésus voulait que non seulement lui-même mais également ses disciples annoncent cette Bonne Nouvelle. Il leur dit: «Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes.» Et l’évangéliste ajoute: «Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.»

Les dominicains, appelés officiellement «les frères prêcheurs», comptent parmi ceux que l’Église députe à cette prédication. Cependant, il ne faudrait pas oublier que tous les chrétiens ont la responsabilité de faire connaître la Bonne nouvelle. Tous peuvent le faire par leur vie, qui rend témoignage aux dons de Dieu. D’autres laïques rendent aussi témoignage par des actions, soit en participant à diverses activités paroissiales ou diocésaines, soit en s’engageant dans des mouvements séculiers de bienfaisance.

Jésus disait à ses disciples: «Vous êtes la lumière du monde.» Prions pour que le plus de gens possible acceptent d’être cette lumière, dans un monde enténébré qui a besoin de plus de lumière.

Louis Roy, OP