Nous allons entendre les disciples dire dans l’évangile de dimanche prochain, en réaction à l’enseignement de Jésus que nous venons d’entendre, ‘’elle est dure cette parole. Qui peut l’écouter?’’ Et déjà dans l’évangile d’aujourd’hui nous les entendons dire ‘’comment peut-il nous donner sa chair à manger?’’ Ils avaient bien raison, elles sont dures à avaler, ces paroles de Jésus sur l’eucharistie. Qui peut les croire? Dans les mots de Jésus lui-même, elles nous scandalisent, spontanément. Elles posent une multitude de questions auxquelles il n’est pas facile de répondre.
Eh bien, commençons par l’essentiel. La foi en la présence du corps et du sang de Jésus dans le pain et le vin eucharistiés, cette foi ne procède pas de la volonté humaine. Elle procède de la grâce de Dieu. Il s’agit d’un don de l’Esprit-Saint. Jésus le dira en ces termes dimanche prochain, en réponse aux objections des disciples : ‘’C’est l’Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Nul ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père.
Oui, la foi en général, et la foi en l’eucharistie en particulier, c’est un don de Dieu fait à ceux et celles qu’il a choisis pour vivre de cette foi. Ma conclusion est toujours la même : ayons la sagesse de demander à Dieu, quotidiennement, le don de la foi en général et le don de la foi en l’eucharistie en particulier.
Mais mettons-nous en même temps dans le vent, mettons-nous en position de pouvoir recevoir cette grâce de la foi en l’eucharistie. Rappelons-nous que les paroles de Jésus ont du sens. Jésus a compris très tôt que son sort, s’il y consentait, c’était d’être l’accomplissement de la prophétie du Serviteur Souffrant. Que sa mort serait le sacrifice offert pour le pardon de tous les péchés de tous les temps. Partant de là, et en s’inspirant, je crois, des sacrifices de communion dans la pratique juive, il en est venu à inventer l’eucharistie comme le sacrifice de communion de la nouvelle alliance. La première moitié du sacrifice, il allait la vivre sur la croix. Par l’institution de l’eucharistie il assurait la deuxième moitié du sacrifice de communion, le fait de manger une partie du corps de la bête qui a été sacrifiée, il assurait que cette consommation, cette communion à la vie offerte, pouvait se vivre tout au long de la vie de l’Église. Parce que notre communion au pain et au vin eucharistiés, c’est cela, notre communion au sacrifice offert pour nous sur la croix. Par notre communion, il devient sacrifice offert pour moi. Il me rejoint. J’entre de-dans, et j’en vis. Rappelons-nous les paroles de Jésus, ‘’Si quelqu’un mange de ce pain que je suis, il vivra éternellement. Je le ressusciterai au dernier jour. Il demeure en moi, et moi, je ne demeure en lui. Celui qui me mange vivra aussi par moi.
Les paroles de Jésus demeurent difficiles, mais comment ne pas vouloir y croire, lorsqu’on considère le sort qu’il promet à ceux et celles qui mangent sa chair et boivent son sang.
Nous pourrions encore multipliés les raisons que nous avons pour pouvoir croire que l’enseignement de l’Église sur l’eucharistie a du sens, mais nous n’en viendrons pas à bout dans les limites d’une homélie du dimanche.
J’en reviens donc à l’essentiel. Faisons confiance à Dieu qui saura bien nous donner la grâce d’y croire. Rappelons-nous qu’en définitive, la plus puissante raison que nous avons de croire en l’enseignement de Jésus, c’est Jésus lui-même. C’est sa personne, et la force de son enseignement dans son ensemble, qui nous donnent la force de consentir aux éléments de son enseignement avec lesquels nous éprouvons des difficultés. Dans les mots de Pierre dans l’évangile de dimanche prochain, en réponse à la question de Jésus, ‘’Voulez-vous partir vous aussi?’’ nous pouvons-nous aussi répondre à Jésus : ‘’Vers qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons et nous savons que tu es le saint de Dieu.’’ Par conséquent, nous consentons à tes enseignements, même à ceux qui nous laissent perplexes.
Béni soit Dieu pour cette sagesse qui est entièrement don.