Pour la bulle qui l’universalise, la fête de l’Assomption est enracinée depuis longtemps dans le coeur des fidèles chrétiens. De nombreux témoins attestent qu’ils ont été saisis par l’intuition de l’incorruptibilité et de la gloire de la Vierge Marie. Ses dons et ses privilèges sont venus confirmer à leur humanité les promesses de salut inaugurées dans la pâque du Christ Jésus.
La liturgie introduit plutôt sobrement à ce mystère. J’en retiens trois aspects. D’abord, le rôle de l’Esprit souligné par Luc. Il inspire la salutation d’Élisabeth. Il fait danser de joie son enfant. Il est source de la béatitude de Marie, celle qui a cru à la parole du Seigneur. Il en sera de même pour nous si, dans la foi, nous nous laissons conduire par l’Esprit de notre baptême.
En Apocalypse ensuite. On voit l’arche d’alliance descendre d’auprès du Seigneur pour être l’âme de son Temple. L’image sied bien à Marie. Traversant en hâte les montagnes de Judée, elle porte le Messager de l’alliance nouvelle. Elle donne en sa chair une demeure au Fils de Dieu. Ne fallait-il pas, de ce fait, qu’elle échappe à la tombe et trouve une demeure éternelle auprès du Père dans la vie incorruptible ?
Marie a été unie le plus intimement possible au Fils incarné. Elle l’a suivi jusqu’au bout. L’a contemplé dans sa passion et sa croix. En a eu le coeur transpercé de douleur. Ne fallait-il pas enfin, qu’elle soit associée à sa vie de ressuscité ? Qu’elle participe à sa victoire totale sur le péché et la mort? Qu’elle soit couronnée de gloire et d’honneur avec le Christ dans la gloire de Dieu?
Ne fallait-il pas : il convenait… Selon les pères de l’Église, tout est grâce en Marie. Dès le vouloir d’amour du Père qui lui donne dans l’Esprit d’être Mère de son Fils bienaimé. Elle est image et mère de l’Église en qui tout est grâce. De même en nous, intimement liés au Christ Jésus par la foi du baptême. Nourris par sa parole et le pain de son eucharistie. Habités par son Esprit qui nous réconcilie et nous brule du même amour…
Rendons donc grâce, pour l’espérance de vie éternelle vers la-quelle nous porte Marie. Prions, pour qu’elle soutienne l’Église dans ses passages difficiles. Qu’elle nous assure encore la protection dont elle entoure notre Ordre depuis les origines.
F. Jean-Marc Perreault O.P.
Apocalypse 11,19a; 12,1-6a.10ab ; Psaume 44 ; 1Corinthiens 15,20-26 ; Luc 1,30-56