Ruah Yahvé

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Il est difficile de nous faire plus qu’une vague idée de ce que l’Esprit saint est vraiment, étant donné qu’il ne peut pas être facilement visualisé. Nous ne pouvons pas voir l’Esprit saint comme nous pouvons voir Jésus. Dans le cas de Jésus, un être humain, les évangiles nous présentent ses actions, ses paroles, ses attitudes, ses sentiments. De plus, à partir de l’image de Jésus que nous trouvons dans les évangiles, nous sommes capables de connaître quelque chose de son Père, car Jésus est l’image visible du Dieu invisible. Ainsi nous sommes capables de contempler, en Jésus, le visage humain de Dieu.

Mais qu’en est-il de l’Esprit Saint ? Est-il possible de nous le représenter ? Oui, jusqu’à un certain point, car la Bible nous offre des symboles qui désignent ce qu’il fait, qui désignent son action dans le monde. Par exemple, la Bible hébraïque l’appelle la Ruah Yahvé, c’est-à-dire le vent ou le souffle de Dieu.

Nous retrouvons cette désignation dans le Nouveau Testament. Le livre des Actes des apôtres nous apprend que « soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent ». Et l’évangile de Jean nous apprend que Jésus « souffla sur eux » et qu’il leur dit : « recevez l’Esprit Saint ».

En outre, dans sa première lettre aux Corinthiens, saint Paul mentionne des actions de l’Esprit. D’abord, celui-ci nous permet de pouvoir dire en vérité, à savoir avec amour, « Jésus est Seigneur ». Ensuite, les dons de la grâce, qu’on appelle les charismes, nous viennent de l’Esprit. Et troisièmement, l’Esprit nous donne un breuvage spirituel ; Paul nous dit, en effet : « Tous, nous avons été désaltérés par un même Esprit. » Dans saint Jean, l’Esprit est une eau vive.

En somme, nous connaissons l’Esprit Saint grâce à ce qu’il fait pour nous. Or, tous les croyants reçoivent l’Esprit, mais c’est pour exercer des charismes variés. Je cite encore saint Paul : « Les activités sont variées », mais « à chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien » c’est-à-dire du bien commun de l’Église.

Un autre symbole, qui se trouve ailleurs dans le Nouveau Testament, est celui de la colombe, cet oiseau paisible, qu’on remarque dans un très grand nombre de peintures, planant au-dessus du Fils de Dieu incarné.

Pour revenir aux Actes des apôtres, je signale aussi le symbole du feu : « Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu ». Le feu, qui s’élance dans l’air, est en effet un phénomène tout à fait lié à celui du vent.

À cause des nombreux effets de l’Esprit Saint dans notre vie, nous en faisons donc l’expérience. Il se manifeste dans les communautés chrétiennes, dans les diocèses et dans l’Église.

L’une des manifestations les plus importantes de l’Esprit dans l’Église fut sans aucun doute le concile Vatican II avec ses nombreuses surprises doctrinales. Le dominicain français Marie-Dominique Chenu, qui enseigna ici à notre Collège au cours des années 1930 et 1968, disait, à propos du concile Vatican II, auquel il avait participé :

Une personne, ça vaut seulement une personne ;
2 X 2 personnes, ça fait 4 personnes ;
3 X 3 personnes, ça fait 9 personnes ;
4 X 4 personnes, ça fait 16 personnes ;
5 X 5 personnes, ça fait 25 personnes.
Et 2,500 évêques réunis en concile ça fait : le Saint Esprit !

Finalement, il importe de discerner également l’œuvre de l’Esprit dans notre monde. L’Esprit Saint inspire tous les gens de bonne volonté : chrétiens de l’est et de l’Ouest, juifs, musulmans, hindous, bouddhistes, membres d’autres religions et même athées ou agnostiques.

Célébrons donc cette solennité de la Pentecôte dans la joie et l’action de grâce !

Louis Roy, OP