Plus jamais soif

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Permettez-moi simplement de relever les versets qui pour moi sont les plus belles perles de ce bel évangile de la rencontre de Jésus avec la samaritaine au puit de Jacob.

‘’Celui qui boira de l’eau que moi, je lui donnerai, n’aura plus jamais soif; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant en vie éternelle.’’ La femme lui dit : ‘’Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif.’’ N’est-ce pas notre expérience à nous? Le Seigneur ne nous a-t-il pas donné une eau qui est le début d’une source d’eau jaillissant en vie éternelle? L’eau, ou les lumières de la foi qu’il nous a données, dans l’Esprit-Saint, ne sont-elles pas en nous une soif de plus d’eau, de plus de lumières, si bien que la prière de la samaritaine est en nous, en permanence : ‘’Seigneur, donne-moi encore et toujours de cette eau, pour que je n’aie plus soif.’’ La soif doit rester en nous jusqu’à la fin, mais cette soif qui est nous est en même temps un rappel que déjà, nous avons été abreuvés par la grâce de Dieu, et que l’étanchement complet de notre soif viendra bien en son temps.

‘’Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père…. L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent l’adorer.’’

L’heure vient où vous, les samaritains, et les juifs avec qui vous êtes en rupture, tous et toutes, vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous l’adorerez en esprit et en vérité.

L’heure est effectivement venue. Nous en sommes l’accomplissement. Nous adorons le Père en Esprit et en vérité, là où nous sommes, où que nous soyons. Quelle belle vérité. Quelle belle unité nouvelle et permanente en humanité, celle qui est faite de l’adoration commune du Père, en esprit et en vérité. Il en est pour qui c’est très important d’aller un jour à Jérusalem, et dans toutes les contrées fréquentées par Jésus. Moi non. J’y suis allé, et franchement, tout le temps que j’ai été là, cette parole de Jésus me résonnait dans l’esprit, et me réjouissait : ‘’l’heure vient, et c’est maintenant – où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. L’heure vient, et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité, où qu’ils soient.’’ Béni soit Dieu, nous en sommes l’accomplissement.

‘’Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses.’’ Jésus lui dit : ‘’Je le suis, moi qui te parle.’’

Elle est profondément touchante, cette révélation de lui-même que Jésus fait à la samaritaine. Pauvre elle, elle ne pouvait pas comprendre toute la portée de ce que Jésus lui révélait en s’identifiant comme le Messie, le Christ. Mais au moins elle était au clair sur qui exactement était ce Christ et Messie. Elle pouvait désormais s’accrocher à lui et laisser au temps, aux événements et à l’Esprit-Saint de lui révéler qui était exactement ce Messie, ce Christ. N’est-elle pas en cela aussi une préfiguration de nous? Ne vivons-nous pas nos vies dans la connaissance réelle, mais voilée, du Messie? N’est-ce pas les événements de nos vies, conjugués avec les Écritures et le travail de l’Esprit-Saint en nous, qui nous fait avancer peu à peu dans notre connaissance du Messie? Nous acceptons avec regret que notre connaissance de lui ne sera pas entière avant le dernier jour, alors que nous le verrons tel qu’il est. Ça nous désole. Mais nous savons que ce jour va venir. Nous savons qu’un jour notre connaissance de lui sera complète. Ça nous réconcilie, me semble-t-il, avec les limites actuelles de la connaissance que nous avons présentement de lui.

Enfin, ‘’ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.’’ Vérité sur lui-même que Jésus a répétée de mille manières auprès de ses disciples. Vérité qui avec le temps finit par s’insinuer en nous, ses disciples, progressivement. Ne vouloir faire autre chose que la volonté de celui qui l’a envoyé. Ne vouloir faire autre chose que d’accomplir l’œuvre du Père. La seule pensée de contribuer, de quelque façon, à l’accomplissement de l’œuvre du Père, cela ne nous fait-il pas tressaillir?

Devant la beauté des perles contenues dans cet évangile, je n’ai rien d’autre à dire sinon ‘’merci Seigneur, pour l’évangile de Jean en général, et pour la rencontre de Jésus avec la samaritaine en particulier.’’