L’hiver, le temps ordinaire

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

L’hiver s’est installé, le temps ordinaire est revenu. Dans la vraie vie, c’est le plus important. Le temps du travail, des études. Celui de la famille, de l’amitié, de la patience et de l’amour. Le temps des projets et de leur réalisation. Celui de bâtir, semer, grandir, murir, donner du fruit. C’est souvent le temps de l’usure, de la lassitude et du doute.

Que ce soit donc aussi le temps de la réconciliation et de l’Action de grâce !

Le temps des fêtes est trépidant, exaltant… Comparé, on dirait que l’ordinaire doit être plat, banal, insignifiant. Pourtant, voyez : ici, la couleur du temps ordinaire est déjà celle du printemps. Le vert, qu’on dit couleur de l’espérance, du dynamisme, de l’élan vers l’avenir. Nous l’avons entendu : le temps ordinaire est celui de l’Esprit, de l’appel, de la naissance, du témoignage, de la mission.

Jean ne décrit pas l’évènement en détail. Citant le témoignage du Baptiste, il va directement au sens et à la finalité du baptême de Jésus. Verbe de Dieu fait chair, il est celui en qui l’Esprit demeure. Fils bienaimé, il est depuis le commencement en pleine communion avec le Père. Il est le serviteur fidèle, l’Agneau sans tache que Dieu envoie réconcilier le monde avec lui. À ceux qui le reçoivent, il donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu et de l’être vraiment.

Paul prend en quelque sorte la relève. Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, il témoigne à son tour. Le Christ Jésus est le Seigneur de tous ceux et celles qui invoquent son nom. Grecs ou Juifs, esclaves ou personnes libres, il les baptise, les plonge dans l’Esprit Saint. Ceux qu’il a ainsi sanctifiés, il les fait membres de son corps, l’Église de Dieu. Il les appelle à être saints. À vivre dans l’unité… dans la communion du Père et du Fils.

Ailleurs, Paul dira combien il est grand ce mystère de communion dans l’amour de Dieu, le mystère des noces de l’Agneau auxquelles nous sommes invités. Paul ne rêve pas. Il s’adresse à l’Eglise qui est à Corinthe. Une ville de passage, de matelots et de commerçants de tout acabit. Ils se trouvent être une poignée de croyants, noyée dans un monde païen très pluraliste. Une minuscule communauté au risque d’être ballottée à tout vent de doctrines et de pratiques. Au risque d’être divisée par les rivalités, les scandales, les péchés des uns ou des autres.

On pourrait dire que Paul est de connivence avec l’auteur du 2e chant du serviteur, en Isaïe. Il redit aux chrétiens de Corinthe, et à nous aussi sans doute, toute la valeur qu’ils ont, que nous avons, aux yeux du Seigneur. Dieu est notre force ! Il est la source et le but de notre communion. Notre Église porte de tristes blessures, mais elle est aussi portée par un grand espoir. À cause de celui qui l’a aimé le premier. À cause de celui qui s’est livré pour elle et dont l’Esprit l’accompagne tous les jours pour qu’elle porte sa lumière à tous et partout. Et, il y a des signes de cette présence active de l’Esprit, source d’espérance.

Depuis plus de 100 ans, débute aujourd’hui la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le pape François s’est rendu en Norvège pour le 400e de l’Église luthé-rienne en Scandinavie. On a vu le roi Charles, chef de l’Église anglicane, prier avec le pape au Vatican. Léon XIV en visite chez le patriarche Bartholémée à Constantinople. À l’écoute de l’Esprit, les grandes Églises chrétiennes ont cessé de se mépriser et déchirer. Si leur communion reste imparfaite, elles cheminent dans le respect de leurs différences. Elles collaborent ensemble et avec d’autres pour réaliser un monde plus juste, plus fraternel et plus humain. Elles témoignent d’une invincible espérance et rendent plus crédible leur annonce de l’Évangile du règne de Dieu à venir.

Plus proche… — Notre paroisse change, se colore. Il y a plusieurs visages nouveaux, spécialement à la messe familiale. À ce qu’on me dit, c’est de plus en plus le cas pour d’autres paroisses. Dans un monde de grandes migrations, de réfugiés et d’exilés innombrables, la crainte d’exclusion menace les étrangers. Notre Église peut être, doit être, est… signe d’accueil et d’inclusion. — Nous faisons bien moins de baptêmes d’enfants que jadis. Mais, quelle grâce, que notre si petite communauté paroissiale compte onze adultes en processus catéchuménal ! Rendons en grâce à Dieu et prions qu’il les fasse, et nous aussi, porteurs de la Lumière de son amour dans toutes leurs rencontres de chaque jour.

Fr. Jean-Marc Perreault O.P.


Isaïe 49, 3.5-6 ; Psaume; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; (Jean 1,14a.12a) Jean 1, 29-34