Le soir venu…

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

« Le soir venu… »

Jésus se présente comme l’invité de nos soirs.

Après le témoignage de Marie Magdala, les disciples ne s’attendaient certainement pas à être, eux aussi, personnellement, témoins de la présence du Ressuscité. Ce que l’évangile dit c’est que c’était le soir et qu’ils été enfermé par peur des juifs.

Mais voilà qu’arrive le soir. Voilà que la nuit tombe. Voilà que les ténèbres envahissent progressivement le monde et leur cœur. La lumière du Ressuscité n’avait pas été au rendez-vous pour dissiper les ombres et les doutes dans leurs esprits… Le soir qui vient, c’est l’espoir qui s’en va, c’est l’optimisme qui disparait, c’est l’inquiétude qui remonte à la surface.

C’est donc logiquement qu’ils verrouillent leurs portes. Ils se referment dans leurs peurs. « Celui qui est déçu se referme souvent sur lui-même, il ne croit plus en rien, en aucune parole, en aucune personne… »

Nous connaissons tous nos soirs : quand fatigués d’espérer, d’attendre une personne, une guérison, un emploi…, nous finissons par perdre patience ; quand notre sérénité s’effrite ; quand notre optimisme disparaît ; quand nous sommes déçus, désabusés ; quand la peur et l’inquiétude finissent par nous envahir, prenant possession de nos pensées, de nos paroles et de nos actes. Le soir, c’est lorsqu’on se referme sur ses malheurs, sur les déceptions de sa vie ; c’est lorsqu’on finit par prendre les ténèbres et les malheurs comme ses compagnons les plus fidèles, les seuls dont on est sûrs qu’ils seront toujours là… C’est quand notre esprit est envahi d’idées les plus sombres, les plus noires…

Jésus est celui qui vient illuminer nos soirs, qui vient nous rassurer au cœur de nos incertitudes. Il est celui dont nous avons besoin lorsque notre vie ressemble à un soir, lorsque les lumières de l’espoir s’éteignent progressivement, nous plongeant dans les ténèbres du désespoir. Lorsque l’horizon devient sombre, incertain, couvert par les ténèbres de la nuit. Lorsque nos yeux brillants, qui visaient loin, s’assombrissent et se baissent soudain. Lorsque nous soupirons doucement, signe de la force, de la vie qui s’en va. Lorsque les bras tombent et nous sommes pris par le sommeil du découragement.

Le soir, c’est lorsque, comme Thomas, le doute, la méfiance nous envahissent au point où nous devenons essentiellement méfiants de la parole de l’autre, de son geste, même le plus noble, le plus juste. Thomas c’est celui qui, parce qu’il n’a rien vu, rien eu, se méfie de tout et de tout le monde. Le sceptique, c’est celui qui a tellement connu et subi la nuit et les ténèbres qu’il en est venu à croire fermement que le soir ne finira jamais, que la lumière plus jamais ne brillera. Le soir, ce n’est pas seulement le temps qu’il fait, c’est aussi ce qu’on vit.

La peur de l’homme, c’est le soir dans sa vie, le soir de sa vie. Que Jésus vienne habiter nos soirs, nos moments sombres, et les illuminer de sa présence réconfortante.

  • Chaque fois que le soir arrive et que nous sommes tentés de nous refermer sur nous-même, de ressasser nos inquiétudes, rappelons-nous la visite de Jésus à ses amis, le soir venu.
  • Chaque fois que nous avons du mal à faire confiance à ce que les autres disent à cause de nombreuses déceptions, lorsque nous sommes tellement devenus familier des échecs que la réussite devient comme étrangère pour nous, que nous nous me rappelions la visite de Jésus à Thomas. »

Rendons grâce au Ressuscité chaque fois qu’à travers une personne, une situation, un événement de notre vie, Il nous permet de sortir de nos enfermements, des ténèbres du doute et du scepticisme dans lesquelles nous étions enfermés.

Il nous envoie, nous aussi, éclairer, par notre présence fraternelle et rassurante, ceux et celles qui s’enfoncent dans le soir, plus familiers du soir qu’ils doutent même que la lumière puisse un jour éclairer leur vie. Jésus Lumière du monde, soit notre lumière.

Amen.