J’ai souvent lutté avec l’Ascension, en ce sens que je me demande en quoi ça peut être considéré comme un événement heureux? Jésus est parti pour ne plus jamais revenir corporellement, jusqu’à la fin de ce monde. En quoi cela est-il une bonne chose? N’aurait-il pas été préférable, à travers la vie de l’Église, qu’il se montre à nous de temps en temps, pour nous confirmer dans notre foi qu’il est bel et bien ressuscité et vivant, cette fois pour toujours? Que nous entendions ses enseignements, et en soyons rassurés, apaisés. Il me semble que l’Ascension peut être tout au plus, juste correct, et non pas une merveilleuse nouvelle, comme sa résurrection, comme le don de l’Esprit-Saint.
Eh bien, je crois que nous avons des raisons pour pouvoir nous dire que l’Ascension de Jésus, si elle n’est pas une chose merveilleuse, est en tout cas, bien correcte.
La première, donnée par Jésus lui-même dans l’évangile de Jean est la suivante : ‘’C’est votre intérêt que je parte; car si je ne pars pas, le Paraclet, l’Esprit-Saint, ne viendra pas vers vous; mais si je pars, je vous l’enverrai.’’ Jn 16,7 Donc, pour des raisons que je ne comprends pas parfaitement, il fallait que Jésus disparaisse pour que l’Esprit-Saint soit envoyé. Okay. Puisqu’il en est ainsi, j’accepte qu’il parte.
Une deuxième raison nous est donnée dans la lettre aux Hébreux dont est tirée en fait la deuxième lecture de ce dimanche. Il y est dit : En nous quittant, ‘’le Christ est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant et pour toujours, pour nous, devant la face de Dieu’’ où il intercède pour nous en permanence jusqu’à la fin des temps. Et son intercession est efficace. Il apparaîtra de nouveau, au dernier jour, nous promet la lettre aux Hébreux, pour le salut de ceux et celles qui l’attendent.’’ Et ce passage de la lettre aux Hébreux conclue ainsi : Avançons-nous donc vers Dieu dans la plénitude de la foi, continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.’’
Ce qui m’amène à la troisième raison que nous avons pour nous réconcilier avec le départ corporel de Jésus. C’est qu’à bien y penser, quelle place y aurait-il pour la foi et l’espérance, si Jésus ressuscité se présentait à nous dans la chair régulièrement. Or, il semble bien que Dieu notre Père voulait que nous vivions nos vies actuelles dans la foi et l’espérance tout comme tous ses bien-aimés qui nous ont précédé dans la foi et l’espérance, depuis Abraham. Jésus est parti pour que nous puissiez vivre de foi et d’espérance, avec l’aide de l’Esprit-Saint, jusqu’à la fin. Voilà bien une belle raison pour nous réconcilier avec son départ corporel, moyennant une assurance que l’Esprit-Saint verra à la permanence de notre foi et de notre espérance. Cette assurance, il me semble que plus longtemps on vit dans la foi et l’espérance, plus elle se développe, plus nous en venons à penser que l’Esprit-Saint nous a gardés dans la foi et l’espérance jusqu’à ce jour, il ne les laissera pas mourir en nous.
Voilà donc les considérations qui me réconcilient avec le départ et l’absence de Jésus dans la chair. J’espère qu’elles vous réconcilient aussi.