Jésus, Fils de Dieu, a partagé notre condition humaine, en s’unissant à ceux qu’il a proclamés bienheureux : les pauvres de cœur, ceux qui pleurent, ceux qui sont doux, ceux qui ont faim et soif de la justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, ceux qui sont persécutés ou insultés. Et pourtant il leur a dit : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » Il a été en solidarité avec nos peines et nos joies.
Comme notre frère Jean-Paul nous le rappelait hier dans son « mot du curé », Jésus est le Bienheureux par excellence et il a vécu un véritable chemin d’amour, de cet amour qui vient de Dieu.
De plus, Jésus a connu une opposition de la part de ceux qui refusaient son message, puis l’arrestation, la passion et la mort sur une croix. Toutefois – et ceci fut une merveilleuse surprise pour ses disciples – son Père le justifia en le ressuscitant le troisième jour. De la sorte, le Père leur indiquait quelle était la vraie voie à prendre, à la suite de Jésus – la voie de la souffrance et de la joie.
Dans sa première Lettre aux Romains, dont nous avons entendu un extrait tout à l’heure, saint Paul nous disait que « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi pour réduire à rien ce qui est. »
Un jour, Gustavo Gutiérrez, un dominicain du Pérou très sensible à la misère des pauvres, fit remarquer que pour la plupart des riches d’Amérique latine, le pauvre était traité comme ce qui n’est pas, c’est-à-dire, comme une « non-personne ». Cette non-personne désigne ce que saint Paul appellait « ce qui n’est pas ».
Déjà le prophète Sophonie – c’était notre première lecture – déclarait ceci : « Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays, qui accomplissez sa loi. Cherchez la justice, cherchez l’humilité. […] Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ; il prendra pour abri le nom du Seigneur. […] Nul ne viendra les effrayer. »
Pour ce type de sagesse qui dépasse toute sagesse purement humaine, rendons grâce à Dieu !
Louis Roy, OP
Église Saint-Jean-Baptiste
Ottawa, 2026