J’ai besoin

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Il n’est pas facile d’entrevoir le début d’un nouvel an avec enthousiasme. Surtout lorsqu’on a vécu le moindrement sur cette terre, et qu’on considère les très nombreuses situations troublantes qui font partie de notre actualité.

Pour ma part, j’ai besoin d’inspiration, j’ai besoin de raisons pour pouvoir vivre le début d’une nouvelle année, sinon dans l’enthousiasme, du moins dans l’espérance et une certaine sérénité. Et je les trouve, ces raisons, dans les textes de ce jour.

Tout d’abord, dans la deuxième lecture de la lettre de Saint Paul aux Galates où il nous est dit que Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie ‘’Abba’’, c’est -à-dire, Père. Il est vraiment notre Père, nous sommes vraiment ses enfants, et si, en surface, notre foi, notre espérance défaillent, peu importe, l’Esprit est en nous, l’Esprit qui crie en tout temps vers le Père, ABBA. La pensée que l’Esprit prie vers le Père en nous en tout temps, cela ne doit-il pas nous rassurer?

Je prends cœur aussi à la lecture du très brilllant psaume 66. Ça prend tout de même de l’audace pour donner à Dieu les raisons pour lesquelles il devrait exaucer nos prières. C’est ce que fait le psaume 66 : que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse; que son visage s’illumine pour nous, de manière à ce que son chemin soit connu sur la terre, son salut, parmi toutes les nations. À voir sa bénédiction sur nous, les nations seront à même de constater la bonté et la toute-puissance de notre Dieu. C’est génial, non? Comment Dieu peut-il ne pas exaucer une telle prière?

Dans l’évangile, on dit de Marie, à deux reprises, qu’elle retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Nous ne savons pas quels fruits a produit cette méditation, mais nous savons qu’elle a reçu les lumières qu’il lui fallait pour tenir bon jusqu’à la fin, puisque nous la voyons auprès de son Fils mourant en croix, et de nouveau avec les disciples dans la chambre haute, avant le don de l’Esprit-Saint. Alors je me dis, nous sommes choyés. Nous avons reçu dans les Écritures Saintes tellement de lumières pour confirmer notre foi et notre espérance. Ne s’agit-il pas simplement de les retenir et de les méditer dans nos esprits et dans nos cœurs. Ne seront-elles pas pour nous la manne qui nous habilitera à traverser le désert de cette vie, et entrer lorsque notre heure sera venue, dans la Terre Promise?

Et enfin, nous avons la magnifique prière de bénédiction que le Seigneur a donnée à Moïse pour qu’Aaron et ses fils aient les mots justes pour demander la bénédiction du Seigneur sur Israël. Que le Seigneur te bénisse et te garde; que le Seigneur fasse briller sur toi son visage; qu’il te prenne en grâce; que le Seigneur tourne vers toi son visage et qu’il t’apporte la paix. Encore une fois, le Seigneur, comme Jésus dans l’évangile nous donne les mots pour le prier comme il convient. Et il ajoute : Ils invoqueront ainsi mon nom sur les Israélites, et moi, je les bénirai. Nous avons son engagement solennel. Comment alors ne pas oser user de cette prière pour obtenir de Dieu notre bénédiction et celle de ceux et celles qui nous sont le plus chers? La bénédiction du monde entier, surtout du monde présentement en si grande souffrance.

Alors ce-soir, les palestiniens vont encore dormir sur des matelas trempes, sous des tentes perforées par la pluie, en plein hiver. Les ukrainiens auront encore à endurer peut-être pendant longtemps, la pluie des bombes. Les Soudanais vont continuer à souffrir de peur, de faim et de maladie. Ils vont continuer à mourir. Les gens du Myanmar vont encore être terrorisés par les attaques de la junte militaire contre les villages.

Mais j’ai les raisons dont j’ai besoin pour pouvoir faire confiance malgré tout à ce Dieu bon et tout-puissant. Comme Jacob disait à l’ange, je dis à Dieu, je ne te lâcherai pas tant que tu ne m’aies béni. Moi et tous ceux, toutes celles pour qui je prie. Et comme le besoin de salut, de délivrance du mal, de bénédiction ne cessera jamais sur cette terre, eh bien, je me fais à l’idée que je ne peux jamais lâcher prise sur Dieu, que je dois m’accrocher à lui tant que j’en aurai la force.

Et je trouve en cela une paix. La paix qui vient de savoir qu’une partie essentielle de ma vocation chrétienne, s’est de crier sans cesse vers Dieu le besoin de salut de l’humanité. Devant toute la souffrance du monde, il y quelque chose que je peux faire. Je demande à Dieu pour moi, pour nous tous et toutes, la grâce d’être fidèles à cette supplication constante, jusqu’à la fin.