Je ne sais pas s’il vous arrive que des gens disent du mal de votre foi chrétienne en face de vous. Le plus souvent, c’est peut-être qu’on parle en mal de votre foi en votre absence, dans votre dos, et que ces propos méprisants vous sont rapportés. Par exemple, il y a des individus qui se moquent des catholiques en laissant entendre que les catholiques agissent contrairement à ce que l’Évangile leur enseigne et sont donc des hypocrites.
D’autres déclarent que la foi n’est qu’une crédulité ou une compensation pour les âpretés de la vie. Ceci n’est pas nouveau : Marx, Nietzsche et Freud pensaient comme ça. Ce qui est nouveau, c’est plutôt le fait que ces idées soient exprimées sur la place publique, dans les collèges, dans les universités et dans les médias.
De plus, dans nos pays occidentaux la majorité des gens s’avèrent indifférents à toute religion institutionnalisée, quitte, pour un grand nombre, à se laisser fasciner par l’ésotérisme, l’astrologie, le tarot. Ainsi, j’ai remarqué qu’à la Bibliothèque publique d’Ottawa, il y a des rayons entiers portant sur l’ésotérisme. Un autre substitut aux grandes religions est une sorte de vénération envers le cosmos, qui frappe les imaginations à cause de son immensité. Cette vénération n’a évidemment rien à voir avec un grand amour et une grande espérance ; en elle-même, c’est une simple curiosité, sans engagement.
Le grand apologiste G. K. Chesterton disait, avec son exagération habituelle, mais sans avoir tort, que quand on abandonnait la foi chrétienne, c’était pour lui substituer une autre foi, une foi en un assemblage de croyances hétéroclites.
Il semble bien que l’apôtre Pierre et les disciples auxquels il s’adressait dans sa première Lettre faisaient, comme nous, une expérience assez pénible par rapport à leur réputation. C’est pourquoi Pierre leur écrivait ceci : « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous. »
Il ajoutait : « Mais faites-le avec douceur et respect. » Et il les encourageait en leur recommandant : « Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. »
Il allait plus profondément dans sa pensée sur l’expérience chrétienne en soulignant ceci : « Il faudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal. » Remarquons que le philosophe Platon, un païen, avait écrit cela, des siècles avant le début du christianisme.
Or, ce qui manquait au paganisme gréco-romain, dont celui, éclairé, de Platon, et ce qui manque encore aujourd’hui aux religiosités non-chrétiennes, c’est la présence du Fils de Dieu, ayant souffert avec et pour nous. D’où la déclaration de Pierre dans sa Lettre : « Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu. »
Pour revenir au début de l’extrait de la Lettre de Pierre, ce qu’il nous demande, c’est « de rendre raison de l’espérance qui est en vous. » Tout en étant dans la ligne de l’espérance vécue par les juifs avant la venue parmi nous de Jésus, le Messie, cette espérance chrétienne est, à mon avis, mieux fondée et plus forte que tous les espoirs entretenus par des croyants non-chrétiens et, a fortiori, par des gens sans religion.
Dans cette eucharistie, réjouissons-nous et rendons grâce pour cette unique espérance qui nous a été donnée par notre grand Dieu !
Louis Roy, OP
Église Saint-Jean-Baptiste
Ottawa, 2026