Croire. Enseigner. Pratiquer.

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Les textes de ce dimanche ont de quoi nous déranger, surtout si on est prêtre, scribe, pharisien, ou rabbi de l’ancienne alliance, ou l’équivalent dans la nouvelle alliance, évêque, prêtre, diacre, ou religieux. Mais à bien y penser, à quoi servirait un évangile qui ne dérange jamais? Ne serait-ce pas comme un sel qui a perdu sa saveur?

Le message du petit livre du prophète Malachie dans son ensemble est assez clair: il s’agit d’un plaidoyer pour l’observance de la loi, oui, mais plus fondamentalement d’un plaidoyer de fidélité à l’alliance dont l’observance de la loi est l’expression au quotidien; il s’agit d’une exhortation à respecter l’esprit des lois, tant pour le culte que pour la vie au quotidien, pour qu’elles ne soient pas cause de chute, mais de relèvement. Au regard de Dieu, il n’y a pas de distinction entre le culte et la vie quotidienne. Il s’agit d’une fidélité complète à l’esprit de la parole de Dieu.

Lors de chaque ordination d’un diacre, l’évêque donne des instructions claires : crois ce que tu lis, enseigne ce que tu crois, mets en pratique ce que tu enseignes. Croire, enseigner, pratiquer. C’est un appel à vivre en cohérence avec ce que l’on enseigne.

À aucun moment Jésus n’accuse les scribes et les pharisiens de ne pas connaître leur religion. Ils la connaissent très bien, ils croient ce qu’ils lisent et enseignent ce qu’ils croient. ‘’Tout ce qu’ils peuvent vous dire, dit Jésus, faites-le, observez-le.’’ Le problème est au niveau du faire. Ils pratiquaient peu ou mal ce qu’ils enseignaient et prêchaient. Ils étaient prompts à pointer du doigt ceux qui enfreignaient les règles, tout en imposant encore plus de fardeaux à un peuple déjà opprimé, donnant ainsi l’impression que Dieu était cruel et exigeant.

Puis Jésus dans l’évangile ajoute à la consigne de l’observance de la Loi, une consigne d’humilité, d’égalité, de simplicité dans nos rapports en Église.

Il donne un conseil à la foule et à ses disciples : les disciples, du plus grand au plus petit, ne doivent pas chercher l’honneur et les titres, ni chercher à impressionner les autres par leur piété et leurs actes de sainteté. Au lieu de cela, nous devons nous consacrer à notre mission : le témoignage à l’évangile et la fidélité à la vocation qui nous est propre. Si nos vies correspondent à ce que nous enseignons, cela suffira et Dieu sera glorifié. Il ne faut pas rechercher les honneurs. Se savoir estimé de Dieu, cela seul suffit.

L’humilité est un atout, car la vérité est que nous ne sommes pas toujours à la hauteur des idéaux auxquels nous croyons, que nous enseignons et que nous cherchons à vivre. Nous oublions trop souvent ces belles paroles : Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’abaisse sera élevé. Dans les mots de Malachie, avons-nous à cœur, en tout temps, et d’abord et avant tout, de glorifier le nom de Dieu? On connaît la réponse. L’humilité est de mise.

Comme il écrit dans le document produit par le synode à Rome : « La vocation de l’Église est de proclamer l’Évangile non en se centrant sur elle-même, mais en se mettant au service de l’amour infini avec lequel Dieu a aimé le monde. » La fidélité à cette vocation passe par l’humilité, la simplicité de cœur et la confiance auxquelles Jésus nous exhorte, et qu’on trouve si bien exprimées dans le psaume de ce dimanche. Plaise à Dieu que nous soyons comme Église toute entière revêtus de ces dispositions, de manière à ce que notre Église en soit une dont les agirs soient en consonance parfaite avec son culte. Une église transfigurée au quotidien par l’esprit des Écritures, une Église fidèle à l’évangile, quel qu’en soit le prix, une Église servante. Crois ce que tu lis. Enseigne ce que tu crois. Pratique, de ton mieux, ce que tu enseignes. Croire. Enseigner. Pratiquer. C’est pas facile, mais c’est simple. Faisons notre possible. Dieu saura bien combler les déficits de notre performance en tant que disciples.