Vraiment, tout dans les textes de ce 4e dimanche de Pâques nous parlent de vie éternelle.
Paul, aux juifs d’Antioche de Pisidie : Puisque vous rejetez la parole de Dieu et vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien, nous nous tournons vers les nations païennes.
Tous ceux et celles qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Voilà dans une même phrase l’affirmation de la vie éternelle et le mystère de la prédestination à la vie éternelle.
Dans la 2e lecture, tirée du livre de l’Apocalypse, la si belle vision de Jean : J’ai vu : et voici une foule immense, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tiennent devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, Ils seront conduits aux sources des eaux de la vie. Et Dieu lui-même essuiera toute larme de leurs yeux.
Et enfin, l’enseignement de Jésus dans l’évangile : Je donne à mes brebis la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main, ni de la main du Père.
Ça ne peut être plus clair. Il est bon de se le rappeler. Nous passerons, comme tout le monde. Mais notre vie n’est pas une vie éphémère, comme celle du feu-follet qui est là aujourd’hui, et qui demain n’existe plus. Non, notre vie ici-bas est le premier chapitre de la vie avec un grand V. Dans les termes de l’évangile de Jean, nous croyants, disciples, nous vivons déjà de la vie éternelle. Cette vie, elle sera changée, transformée, mais elle ne terminera pas. Et elle sera bienheureuse.
Comment donc la vivre, cette vie, sachant ce que nous savons de la vie plus grande, plus belle, qui nous attend.
Eh bien, je vois deux choses. La première, c’est de l’étreindre généreusement, telle qu’elle est, cette vie temporaire qui nous est donnée. Je crois que, parlant pour l’humanité toute entière, cette vie que nous vivons dans la chair, elle est à la fois un échantillon de vie et une proposition de vie. Dieu nous donne cette vie, avec ses hauts et ses bas. De loin, Dieu nous observe. Dans la mesure où nous disons oui à cette vie, telle qu’elle, Dieu prend ce oui pour un oui à sa proposition de vie en abondance. Et c’est ainsi que le ciel s’ouvre non pas seulement pour nous croyants, mais pour tous ceux, toutes celles, qui n’ont pas la chance de partager notre magnifique perspective sur la vie.
Deuxièmement, il y a une vocation proprement chrétienne qu’il nous incombe d’étreindre.
Paul, dans son discours à Antioche affirme que le Seigneur leur a confié un commandement, à lui et aux autres apôtres. ‘’J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.’’ Il s’agit d’une citation d’un des versets du 2e des 4 chants du Serviteur Souffrant. Les apôtres ont compris, à la première heure après la résurrection de Jésus, non seulement que Jésus était l’accomplissement des Chants du Serviteurs mais que puisque nous en Église nous sommes le corps du Christ et ses membres, et bien, nous sommes destinés nous aussi, en tant qu’Église, à accomplir dans notre vie d’Église, les chants du Serviteur. Au premier chef, admettons-le, les apôtres, mais il ne fait aucun doute pour moi que l’Église dans son ensemble est destinée à vivre jusqu’à la fin, la vocation et le sort du Serviteur Souffrant. Bien sûr, il ne s’agit pas que chacun, chacune de nous en Église vive intégralement la vie et le sort du Serviteur, mais il s’agit que chacun, chacune vive dans sa vie, la part de la vie du Serviteur que le Seigneur a prévu pour chacun, chacune, de toute éternité.
Voilà donc ce qui est attendu de nous. Dire oui à la vie, généreusement, et demander à Dieu la grâce de vivre vraiment la part de la vie du Serviteur qu’il a prévue pour chacune, chacun de nous, de toute éternité.
Que nous y soyons poussés par la compassion. Ils sont légion, les gens autour de nous qui ignorent tout de notre belle perspective sur la vie.
Ne faut-il pas, au nom de la miséricorde, leur dire que la vie est surabondante. Leur dire, tout aussi important, qu’on ne parvient à la foi, à l’espérance en une vie en abondance, à coup de volonté. On y parvient à coup de grâce. Il s’agit d’une grâce de l’Esprit-Saint. On peut la demander. Si donc vous voudriez croire, vous aimeriez croire, mais n’y arrivez pas, demandez-en la grâce. Elle vous sera sûrement accordée.
Partageons à chaque occasion qui nous est offerte, l’évangile de l’abondance de la vie, et alors nous aurons été, nous aussi, une lumière pour les nations, afin que le salut de Dieu parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.