Christ souffrant et ressuscité

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

« Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. »

Devant cette transfiguration éblouissante, saint Pierre s’exclame : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

Et voilà qu’une nuée lumineuse les couvre de son ombre et qu’on entend une voix qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

Écouter Jésus, selon les évangélistes, cela signifie l’imiter, le suivre et porter sa croix, comme Jésus le fit. Saint Paul le comprenait fort bien lorsqu’il écrivait à son disciple Timothée : « Avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. » Tout vrai chrétien prend part aux souffrances du Christ d’une façon ou d’une autre, même s’il n’annonce pas directement l’Évangile. En fait, il l’annonce par ses comportements, qui renvoient à l’épreuve que Jésus subit, ainsi que la Lettre aux Hébreux nous l’apprend.

Comme le Livre de la Genèse nous le fait remarquer, Abram, appelé par la suite Abraham, reçut l’ordre de Dieu : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. » Cette aventure assez éprouvante d’Abraham ne ressemble-t-elle pas, dans des circonstances différentes, à l’aventure assez éprouvante que plusieurs parmi vous, qui ne sont pas nés au Canada, ont vécue ?

D’autres personnes ont été désinstallées en changeant de travail, en prenant un travail plus motivant ou un travail moins motivant. En effet, certains choix viennent de nous, tandis que d’autres choix nous sont imposés. Quels qu’ils soient, ces choix, libres ou imposés, peuvent être vécus d’une manière chrétienne.

Les lectures de ce dimanche nous invitent donc à approfondir le sens du Carême ; ce sens consiste à nous mettre et remettre souvent en union avec le Christ à la fois souffrant et ressuscité. Ceci demande qu’on renonce à cultiver des expériences spirituelles en vue de ce qu’elles nous rapportent personnellement. Les rechercher pour elles-mêmes équivaudrait à se centrer sur nous-même, au lieu de se centrer sur le projet évangélique de Jésus.

Aussi Jésus conclut-il l’épisode de sa transfiguration par ces paroles : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Mourir et ressusciter, voilà ce qui nous est demandé, et voilà ce que nous osons célébrer dans l’eucharistie.

Louis Roy, OP
Église Saint-Jean-Baptiste
Ottawa, 2026