Au dernier jour de la saison de Noël

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Le baptême du Seigneur, cet événement que nous célébrons aujourd’hui, au dernier jour de la saison de Noël, est aussi lourd de révélation qu’il est beau.

Tout d’abord, révélation importante sur la réelle humanité de Jésus. Les trois lectures de cette fête nous envoient le message. Jésus était tellement, vraiment, simplement humain, que tout divin qu’il fût, il avait besoin dans son humanité d’être baptisé, afin de recevoir l’Esprit-Saint, afin de pouvoir vivre la vie que le Père attendait de lui.

Deuxièmement, révélation subtile quant à l’identité et à la vocation de Jésus. La voix venue du ciel disait : ‘’Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie.’’ Dès le début de l’Église, suite à la résurrection de Jésus et le don de l’Esprit-Saint, et peut-être même pour ceux qui ont entendu la voix au moment du baptême de Jésus, on a reconnu dans ces quelques mots un renvoi au premier verset du texte que nous avons entendu en première lecture. Il s’agit du premier des quatre chants du Serviteur que l’on trouve dans le prophète Isaïe. On y lit : ‘’Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur.’’

En évoquant le premier verset du premier des quatre chants du Serviteur, l’auteur de l’évangile nous renvoie en fait, aux quatre chants du Serviteur dans leur ensemble, pour que nous sachions qui est cet homme qui se fait baptiser par Jean, et ce que sera le sens de toute sa vie, son œuvre et ultimement, son sort. Il est, plus exactement, au moment de son baptême, il sera l’accomplissement des quatre chants du Serviteur Souffrant. Allez à ces textes, nous dit l’auteur, et vous saurez qui il est, et quel est son destin.

Je vous exhorte à aller lire de nouveau les chants du Serviteur. Vous les connaissez déjà, car nous les lisons pendant la Semaine Sainte, à chaque année. Nous lisons le deuxième également à la solennité de la naissance de Saint-Jean-Baptiste, celui qui partage de si près la vocation de Serviteur souffrant qui a trouvé son accomplissement plénier en Jésus. Vous trouverez dans les chants du Serviteur, si j’ose dire, le vrai Jésus homme, celui qu’on voit, mais avec moins de clarté dans les évangiles, car à la lumière de la résurrection, la mémoire que les évangélistes ont de Jésus est quelque peu divinisée, si bien qu’il nous apparaît souvent dans les évangiles comme étant plus Dieu qu’homme. Dans les chants du Serviteur, on le voit comme ses contemporains l’ont connu, perçu, un homme très singulier, mais néanmoins, un homme, un simple homme. Quant on a compris que les chants du Serviteur parlent de Jésus, alors on le connait sous une lumière nouvelle, on le connaît dans son humanité, ce qui change tout dans notre relation à lui. C’est pourquoi je vous exhorte à retourner aux chants du Serviteur. On ne saurait trop lire, trop ruminer ces quatre chants.

Et enfin, le baptême de Jésus, une révélation sur nous-mêmes en tant que membres de son Corps, en tant qu’Église. Car, puisque nous sommes précisément cela, les membres de son Corps, puisque nous faisons corps avec lui, eh bien, n’est-ce pas vrai que tout ce qui est dit de lui est dit de nous?

Puisqu’il en est ainsi, nous avons dans le récit du baptême de Jésus, le sens de notre baptême et la révélation de notre identité en tant que chrétiens, chrétiennes. Partout où Jésus passe, nous suivons. Nous sommes donc baptisés afin de recevoir, comme Jésus, le don de l’Esprit-Saint, afin de vivre la part de la vie et de la mission du Serviteur de Dieu que Dieu a prévue pour chacun, chacune d’entre nous, de toute éternité.

En effet, toute l’histoire de l’Église, en particulier l’histoire des saints, confirment la consonance entre l’Église et les chants du Serviteur, entre l’Église et Jésus, celui en qui ces chants ont trouvé leur premier accomplissement complet.

Et maintenant, c’est à notre tour. Nous sommes, pris collectivement, la présence du Saint Serviteur de Dieu au monde, jusqu’à la fin.

Lorsque je médite la gravité de ce fait, je suis réduit à une prière consentante, mais timide. Seigneur, puisqu’il en est ainsi, accorde-moi, accorde-nous tous et toutes, la grâce d’être la part de la personne et de la vie du Serviteur que tu as voulu de moi, de nous, de toute éternité.

Fais reposer sur moi, sur nous, ton Esprit en permanence. Donne-nous de circuler dans notre monde en faisant le bien. Que ta volonté sur nous s’accomplisse en nos vies, de manière à ce que nous soyons tes enfants bien-aimés au sens où l’est Jésus, ceux et celles en qui tu trouves ta joie. Plaise à Dieu qu’il en soit ainsi pour nous.