Une invitation au bonheur à ne pas manquer!

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Invitation à des noces, festin sur la montagne, bonheur et repos paisible dans des pâturages abondants : les lectures de ce dimanche nous amènent au cœur, pourrait-on dire, de la promesse de bonheur et de vie de Dieu ; de cette vie en Dieu à laquelle nous sommes appelés.

Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce que le grand projet de Dieu est d’inviter tous les humains autour de la même table pour partager sa joie. Dieu ne se lasse pas de nous inviter. Sa générosité dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, il donne en abondance.

« Le Seigneur, Dieu de l’univers, dit Isaïe, préparera pour tous les peuples, un festin … Il fera disparaitre le voile de deuil … Il fera disparaitre la mort pour toujours … Il essuiera les larmes sur tous les visages. » Frères et sœurs, nous ne pouvons qu’éprouver une grande joie devant cette prophétie ! Devant ce beau message d’espérance !

S’asseoir à la même table, partager le même repas, faire la fête ensemble, c’est aussi une image de paix et d’unité. Une paix et une unité que nous sommes appelés à déjà mettre en œuvre aujourd’hui autour de nous. Une paix et une unité déjà donné par le Seigneur, comme nous le rappelle le psalmiste, pour ceux et celles qui mettent leur confiance en lui, qui se laissent guider par lui sur les justes chemins, qui traversent avec lui les ravins de la mort, les apprêtés de la vie. Lui seul peut nous faire revivre et nous procurer grâce et bonheur à chaque jour de la vie.

Dans la parabole de l’évangile, Jésus nous dit que Dieu, son Père et notre Père, nous invite également à sa table et que le Royaume des cieux est comparable à un repas de noce. Voilà une belle image pour représenter la vie de communion avec Dieu à laquelle nous sommes appelés. Un repas de noce évoque le partage, la joie d’être ensemble, l’amitié partagée, l’affection manifestée aux jeunes époux. C’est un moment fort de la vie. Et nous sommes invités par Dieu à entrer dans cette joie.

Dans cette parabole, les premiers invités de la noce ont décidé de décliner l’invitation. Ils ont refusé de suspendre leurs activités quotidiennes. Ils sont attachés à leurs préoccupations immédiates, trop pris dans une logique de rentabilité de leur possession. Ils ont jugé n’avoir pas de temps à perdre à aller à la noce. Et ces invités sont restés sourds à l’appel de Dieu car ils ne croient pas au sérieux et à la vérité de l’invitation à l’amour qu’il leur est faite.

Pourtant, cette invitation à participer à la noce du Fils n’est pas optionnelle. Elle est la condition pour accéder à notre propre vie.

Mais Dieu, loin de se décourager, continue à lancer son invitation à ceux qui n’ont pas d’attaches. Et eux vont répondre. Les délaissés, les déshérités, les laisser pour compte, répondent présents à l’invitation de Dieu à entrer dans sa joie. Ceux que le monde délaisse viennent à lui avec confiance. Parce qu’ils n’ont rien, ils peuvent tout accueillir. Ils n’en croient pas leurs yeux : l’amour de Dieu les a rejoints. Leur vie a du prix pour Dieu.

Nous trouvons souvent nous aussi, comme les invités de la première heure, de bons prétextes pour décliner son invitation et nous avons tendance à nous accrocher à ce que nous possédons. La parabole nous invite à changer notre regard et à entrer dans la perspective de l’invitation de Dieu à nous défaire de nos attaches. Chacun et chacune nous pouvons entendre son appel ; à nous d’y répondre dans notre liberté.

Et en même temps, nous sommes nous aussi ces invités de la dernière heure, de la dernière chance pourrait-on dire. Nous sommes nous aussi ces anonymes et ces marginalisés qui ont vécu l’errance, habité les marges et qui se sont tenus du côté de la mort. C’est là que nous pouvons rencontrer le Christ vivant qui est descendu aux enfers pour nous en extraire!

Frères et sœurs, nous sommes tous, à la fois ces invités qui se dérobent et ces inconnus recueillis in extremis sur la route. Dieu nous rejoint là où nous sommes, car nous avons chacun, chacune, du prix à ses yeux. Il nous aime et il veut notre bonheur en nous appelant à la vie. À nous de répondre librement à son amour.

Et Dieu nous invite tout particulièrement à le rejoindre lorsque nous nous tenons à des carrefours. La croisée des chemins évoque les moments clé dans nos vies où nous ne savons pas toujours où aller, quelle route prendre : nos épreuves, nos doutes, nos craintes, nos moments de choix difficiles. Dieu nous invite, au cœur de ces moments, à nous remettre à lui, à mettre toute notre confiance en lui. Des moments où nous sommes peut-être plus susceptibles d’entendre cet appel du Seigneur à le rejoindre et à le suivre.

La croisée des chemins évoque également un lieu de passage où nous sommes davantage susceptibles de rencontrer les autres. C’est l’endroit propice à l’accueil de ceux et celles qui croisent notre vie ; un endroit de disponibilité et d’hospitalité. Car c’est avec d’autres que Dieu nous appelle à partager sa joie.

À la fin de la parabole, Jésus mentionne l’importance des habits de noce que nous sommes appelés à revêtir pour nous présenter à Dieu. Cela signifie que nous sommes invités à habiller notre vie aux couleurs de l’Évangile et à habiller notre cœur de l’amour de Dieu. Pour le faire, il nous suffit de nous laisser gagner et transformer par l’Esprit de Dieu, l’Esprit de la joie, qui nous fait entrer en communion d’amour avec lui.

Cette communion avec Dieu qui apporte la joie et la paix, nous allons maintenant la vivre dans l’eucharistie. C’est aussi par un repas que Dieu se donne à nous. Et c’est dans le partage de ce repas qu’il nous communique sa vie. « Heureux sommes-nous d’être invités au repas du Seigneur. »

Fr. Didier Caenepeel, o.p.

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