‘’Quand Joseph se réveilla, il fit, simplement, ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.’’
Voilà, en bien peu de mots, ce en quoi a consisté la sainteté de Joseph. Saint Paul nous dit dans sa lettre aux Romains dont nous venons d’entendre un extrait, que nous sommes appelés à être saints. Et St. Joseph nous montre une façon, infiniment précieuse parce qu’elle est accessible à tous, une manière d’être saint. Elle est toute simple. Elle consiste, tout comme la sainteté de Jésus et celle de Marie, en une simple obéissance. Il s’agit d’être et de faire, non pas ce que nous voulons être et faire, ce que nous croyons devoir être et faire, mais simplement être et faire ce que Dieu demande de nous.
La sainteté de Joseph nous apprend que très souvent, ce qui est difficile dans la sainteté, ce n’est pas nécessairement ce qui nous est demandé. Joseph, par obéissance à Dieu, a été époux et père. C’est ce qu’il aurait été de toute façon. Mais le défi pour Joseph, c’était d’accepter de l’être à la manière que Dieu voulait. Accepter d’être époux, mais sans l’être complètement, d’être père, mais sans pouvoir dire ‘’Voici la chair de ma chair.’’ Joseph l’a accepté. Il s’est fait simplement, mais exclusivement et radicalement, ce que Dieu voulait. Il a été exclusivement l’époux de cette femme, le père nourricier de cet enfant. Tellement exclusivement époux et père que lorsque sa tâche est accomplie, comme Saint Jean Baptiste, Dieu vient le chercher.
Cette obéissance prompte, radicale, totale à Dieu nous est accessible, moyennant un peu de grâce. Demandons à Dieu la grâce d’entendre sa voix qui nous parle de mille manières, le plus souvent tout simplement par la situation qui est la nôtre et les incidents qui se produisent dans nos vies, les choses qui nous sont dites par les croyants que nous côtoyons. Demandons à Dieu la grâce d’accepter avec empressement d’être simplement ce que nous sommes, puisque c’est ainsi qu’il nous a faits, mais d’être radicalement, exclusivement ce qu’il nous a faits, et faire les choses tout-à-fait faisables qu’il demande de nous, mais avec amour.
Joseph m’a aidé grandement lors d’un tournant dans ma vie personnelle. Avant l’âge de 40 ans je me trouvais très incomplet. Mais je me disais que ça va venir, qu’un jour, je deviendrais une grande personne, et parvenu à maturité, je serais enfin ce que j’ai toujours pensé qu’une personne parvenue à maturité devrait être. Lorsque j’ai eu 40 ans, j’ai compris que ce jour ne viendrait jamais, que je serai jusqu’à la fin simplement ce que je suis. Cela aurait pu être un motif de découragement ou de je ne sais quoi. Mais j’ai pensé alors à Joseph. Il a accepté d’être l’époux sans l’être vraiment, et le père sans l’être vraiment, que Dieu voulait qu’il fût. Eh bien, le peu que je suis à mes yeux, c’est ce que Dieu a voulu que je fusse, puisqu’il m’a fait ainsi. C’est donc ce qu’il veut. C’est donc ce que je serai, de mon mieux. C’est très très libérant d’accepter d’être ce que l’on est, et ce que Dieu veut, ou ce que Dieu permet parce qu’il sait qu’il peut en tirer du bien.
Pour conclure, permettez-moi de partager avec vous des extraits d’un très très beau texte que nous avons entendu lors de notre soirée de prière auprès de la crèche jeudi dernier. C’est une méditation de S. Lise Berger, une sœur de St. Joseph de St-Hyacinthe.
Joseph, toi qui as entendu le message de l’ange, donne-nous un cœur qui écoute pour que l’Esprit puisse aussi faire son œuvre en nous.
Joseph, toi qui as pris Marie enceinte pour épouse, donne-nous d’être attentifs pour voir ou Jésus est en train de naître dans le monde et dans l’Église.
Joseph, toi as discerné à travers un songe ta mission de père de Jésus enfant, apprends-nous à discerner nos missions afin que nous soyons comme toi, ajustés à la volonté de Dieu.
Toi qui t’es fait nomade pour répondre aux appels de Dieu, apprends-nous a ne pas nous installer, à consentir, comme toi, dans la foi, à aller là ou le Seigneur nous appelle.
Joseph, apprends-nous à enfanter Dieu pour notre monde.
Amen.