Sainte Thérèse de Lisieux — 1er octobre 2026

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

On la nomme familièrement « petite Thérèse », sans doute par rapport à la « grande », celle d’Avila, aux oeuvres immenses et réformatrice de l’Ordre du Carmel.    Quand il fut question de béatifier Thérèse de l’Enfant Jésus, une consoeur, moniale à Lisieux s’est étonnée.    « Je ne comprends pas pourquoi on parle de ça… elle n’a fait que des choses très ordinaires ».

Thérèse Martin est entrée au monastère à 15 ans, avec une dispense, demandée par elle-même, au pape.    À 24 ans, à l’âge où de nos jours on sort à peine de l’adolescence, elle avait déjà atteint sa pleine maturité devant Dieu : l’Église a reconnu.    Et c’est justement à cause des petites choses de la vie ordinaire où elle s’est peu à peu sanctifiée qu’elle a soulevé la dévotion populaire.    Elle montrait ainsi à tous que l’on peut être saint dans le quotidien vécu avec Dieu, tout comme elle-même l’était devenue.

Celle qui s’étonnait qu’on veuille la monter sur les autels n’avait pourtant pas tort.    Vue du dehors, la vie de « la petite Thérèse » n’avait rien d’extraordinaire.    Ni plus ni moins qu’en son siècle, la tuberculose qui l’a emportée prématurément.    C’est la publication de son journal spirituel, L’histoire d’une âme, qui a révélé la profondeur de sa relation à Dieu, « sa petite voie ».    Celle de l’enfance spirituelle, de la confiance parfaite et du parfait amour. Aussi bien dans l’ordinaire de la vie que dans les souffrances et la nuit obscure de la maladie.

Elle aurait pu reprendre avec nous les paroles vibrantes du chant d’amour et d’espérance extrapolé du chapitre 19 de Job, à la lumière de la résurrection de Jésus.    « Je crois que mon Sauveur est vivant et qu’au dernier jour je surgirai de la terre… De mes yeux, je verrai Dieu, mon Rédempteur ».    Sans recevoir la moindre consolation sensible, dans les ténèbres du mal qui la rongeait, elle a gardé cette ferme espérance.    Fidèle sa vocation d’amour dans l’Église, elle a offert sa vie pour les missionnaires.    Au seuil de la mort, enveloppée d’obscurité totale, devant le calice plein à ras bord et comme poursuivie et frappée par Dieu, elle s’est totalement remise à la bonté du Seigneur.    Elle n’a cessé de chercher sa face avec l’assurance de tomber, non pas dans le néant de la mort, mais entre ses bras.

Rendons grâce pour sainte Thérèse de Lisieux et pour tous ceux et celles qui ont suivi avec elle la voie de l’enfance spirituelle et de l’invincible confiance.    Prions pour l’Église de France dont elle est sainte patronne avec Jeanne d’Arc.    Prions pour les missionnaires et les vocations au service de l’évangélisation.    Prions enfin pour les grands malades et les prisonniers : que l’Esprit du Seigneur ressuscité les garde et les affermisse dans la foi, l’espérance et la charité.

Fr. Jean-Marc Perreault O.P.


Job 19, 21-27 ; Psaume 26, 10bc-15    ; (Marc1,15) Luc 10, 1-12