Les gens qui parlent en parabole sont souvent taxés de vouloir cacher des choses, brouiller les pistes. Quand Jésus parle du royaume des Cieux, c’est tout le contraire. Il utilise des images familières pour que la Bonne Nouvelle soit mieux comprise. Sous cet aspect, toutes les paraboles du royaume se ressemblent. Celles qu’on vient d’entendre ont cependant un but particulier que l’ensemble de la liturgie de la parole aide à préciser. Selon trois aspects:
- La part de Dieu, la part humaine,
- l’expérience de Salomon, et
- le témoignage de Paul.
D’abord, la part de Dieu – la part humaine. — Vous vous rappelez, vous avez compris que Dieu est l’acteur principal des paraboles du grain et du levain. Elles illustrent la générosité, la patience, la toute-puissance de sa Parole envoyée au monde. Cependant, celui, celle, qui accueille ou non l’Évangile du royaume y est plutôt passif (terre fructueuse ou très lourde pâte à faire lever). Par contre, les paraboles du trésor, de la perle, du coup de filet, du neuf à intégrer, impliquent toutes de faire un choix. Changer de regard sur Dieu et sur les autres. Séparer ce qui a de la valeur ce qui ne vaut rien dans la masse des biens qui s’offrent à nous. Mais comment, pourquoi, faudrait-il être prêt à tout abandonner pour l’Évangile du royaume ?
Voyons donc l’expérience de Salomon. — Il parait avoir tiré le gros lot. À Gabaon, Dieu lui dit « demande-moi ce que je dois te donner ». En réponse, Salomon se fait humble. Tout ce qu’il est, tout ce qu’il a vient de Dieu. Il est son serviteur et celui du peuple qui lui est confié. Il ne cherchera pas à s’exalter comme font tous les rois du monde, avec ou sans couronne. Avoir toujours plus : plus long de règne, plus de pouvoir, plus de richesses, plus d’emprise sur ses voisins, ses adversaires, jusqu’à les engloutir. Non, ce que demande Salomon, ce qu’il lui faut, c’est un cœur qui écoute pour savoir gouverner et discerner le bien du mal. C’est par la porte d’humilité que Salomon entre dans règne de Dieu et communie à son dessein… Puisque c’est ça que tu demandes, je te donne une intelligence et une sagesse comme personne d’autre n’en a eu avant ou après toi !
Enfin, le témoignage de Paul. — C’est le cœur, la substance même de l’Évangile. L’essence de la foi et de l’invincible espérance des disciples de Jésus. Quelles que soient les apparences, pour ceux et celles qui aiment Dieu, Dieu fait tout contribuer à leur bien. Car Dieu nous a connus et aimés le premier. Il nous a choisis et nous a appelés, même quand nous n’étions pas aimables. Il nous a réconciliés avec lui, dans le Christ mort et ressuscité pour nous. Par l’Esprit Saint, répandu dans les cœurs, il fait aimer l’Amour à ceux qui par la foi ont pouvoir de devenir ses enfants. Il les destine à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le l’aîné d’une multitude de frères et de sœurs…
Heureux sommes-nous ! Oui, heureux sommes-nous, si nous pouvons chanter avec le psaume : ma part d’héritage c’est ta Parole, Seigneur. Mon bonheur c’est ton alliance, plus qu’un tas d’or ou d’argent. Ton amour est ma consolation, dans ma fragilité et mes faiblesses. Mon amour, mon grand désir, c’est de communier à ton vouloir, dans l’amour de mes frères et sœurs, le partage, le pardon, la fidélité, loin de tout chemin de mensonge. Ta volonté est la lumière qui me guide et me garde sur le chemin où je veux marcher à la suite de Jésus. Heureux ! Bienheureux, si tes anges Seigneur, me trouvent ainsi lorsque viendra pour moi ton jour ! Tu m’introduiras alors avec toi, près de toi, dans le resplendissement de ta gloire, de ton bonheur et de ta vie. Amen ! Qu’il en soit ainsi pour chacune, chacun de nous !
Fr. Jean-Marc Perreault O.P.
1Rois 3,5.7-12 ; Psaume 118 ; Romains 8,28-30 ; (Matthieu 11,25) ; Matthieu 13,44-52