On se lève tous pour Danette

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

En France, en 1984, il y avait une publicité à la télévision pour une crème dessert super bonne qui s’appelle Danette. Au Québec, on parlerait de pouding. Le slogan publicitaire était chanté comme ceci : « Que tous ceux qui aiment la Danette se lèvent. On se lève tous pour Danette, c’est bon, c’est bon, c’est bon ». Je me demande si Esdras et Jésus ne connaissaient pas la crème Danette et le « jingle » qui va avec.

Esdras apporta le livre de la Loi en présence de l’assemblée. C’était le premier jour du septième mois. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout (1ère lecture).

Jésus entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture (évangile).

La position debout est naturelle quand il s’agit de fêter un événement heureux, par exemple lors d’un concert, les spectateurs sont debout pour applaudir les artistes. La position debout est naturelle quand il s’agit de fêter une bonne nouvelle, par exemple, au cours d’un discours politique, on se lève pour approuver et applaudir les bonnes propositions et les engagements. Ainsi, naturellement, les êtres humains se lèvent, mus par la joie, lorsque quelque chose de nouveau et de bon apparaît sous leurs yeux et à leurs oreilles.

Quand on lit la Parole de Dieu, on est debout, comme Esdras et Jésus. Quand on écoute la Parole de Dieu, on se lève, c’est ce que nous faisons quand nous écoutons l’Évangile à la messe. Remarquez d’ailleurs que, dès le début de cette homélie, vous vous êtes tous assis, ce qui montre l’importance que vous accordez à mes paroles ! Restez assis, je vous en prie ! Quand Dieu parle à l’humanité, les hommes et les femmes se lèvent, car ce qu’ils entendent est bon, nouveau et lumineux.

Il y a pourtant quelque chose de différent entre Esdras et Jésus. Le Christ n’est pas un autre Esdras. Esdras lisait l’Ancien Testament. Cette partie ancienne de la Bible est prise dans une fatalité de péché et de mort. Avec Jésus vient le Nouveau Testament, il inaugure un temps nouveau, il apporte une force nouvelle qui donne de sortir du cercle vicieux du péché et de la mort, celui dans lequel étaient emprisonnés les croyants de l’Ancien Testament. C’est cela la bonne nouvelle de l’évangile, et par définition, une nouvelle, c’est nouveau ! L’évangile est d’une nouveauté parfaite ! Jésus apporte une nouveauté éclatante qu’Esdras ne pouvait pas donner. Il vient faire toutes choses nouvelles.

Pour les crèmes desserts Danette, il y a toujours des recettes nouvelles, l’occasion pour le fabricant de sortir une nouvelle publicité pour « Qu’on se lève tous pour Danette » : moins de sucre, moins de crème, plus light. Mais n’attendez pas de nouvelle recette avec Dieu. Celle qu’il a donné en Jésus est l’unique, la seule car elle est définitive. La nouveauté du Nouveau Testament est définitive. Il n’y aura pas de « Nouveau-Nouveau » Testament ou de « Re-Nouveau Testament ». Le Nouveau Testament est en quelque sorte le dernier, au sens absolu du terme, celui dans lequel se joue la fin dernière de chacun de nous : la vie éternelle. Nous n’avons pas à attendre d’autres révélations. En Jésus, nous avons tout reçu.

C’est lui qui vient nous donner le sens des Écritures. Aucune relecture des Livres saints, même par les plus grands rabbins, aucune explication donnée par les Lévites, n’avaient apporté une lumière aussi éclatante que celle de Jésus. Car pour Jésus, ce qu’il dit, c’est ce qu’il est. Et ce qu’il est, c’est ce qu’il dit. Il est la Parole. Comme dit le Concile Vatican II : « Il est là présent dans sa Parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures ». Tous les livres de la Bible sont réunis en une Parole unique à adorer, à écouter et à manger (dans l’eucharistie) : cette Parole c’est Jésus, le Verbe fait chair.

Avec Jésus, les Écritures deviennent lumineuses. Jésus apporte avec lui et en lui une lumière qui vient donner tout son sens aux Écritures. Il l’éclaire de sa propre lumière.

Il y a deux façons de faire de la lumière. Ou bien l’on utilise une lampe de poche qui n’éclaire que dans une direction, ce genre de lampe-torche qui éblouit quand vous la mettez directement dans les yeux (comme dans les films qui donnent à voir un interrogatoire musclé). Ou bien l’on utilise une bougie qui éclaire toute la pièce. Cette lumière n’aveugle pas, au contraire, elle révèle la beauté du lieu, et la beauté du visage de celui qui tient la bougie. Il en est tout illuminé.

Jésus est celui qui tient la bougie au centre de l’histoire des hommes. Il est même la bougie elle-même. Il éclaire toute l’histoire humaine, le passé, le présent et l’avenir. Pour lui, et pour nous, l’Ancien Testament n’est pas un passé mort. Il connaît les vieilles pages de l’Écriture, il sait qu’elles ne parlent que de lui. L’Ancien Testament contient même une sorte de schéma précis de la vie qu’il doit mener sur terre. La totalité de sa vie doit être l’accomplissement total de toute la loi et de tous les prophètes.

La lumière du Christ donne aussi l’espérance d’un futur lumineux, car elle révèle le projet de Dieu sur chaque personne humaine. C’est en croyant que Jésus est le Verbe qui nous apporte la bonne nouvelle de la Vie qui ne finit pas, que sa lumière peut éclairer notre avenir. C’est pour cela qu’on se lève tous pour Jésus.

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