Jeudi – 13e semaine du Temps ordinaire – 2 juillet 2026

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

L’expression d’Amos n’est pas unique.    On la trouve à peu près identique en Jérémie.    Il m’a séduit, je me suis laissé séduire.    Semblable, chez Paul, pour dire sa rencontre avec le Christ.    Dieu a daigné révéler son Fils à l’avorton que je suis. — Heureux, bienheureux sommes-nous, si nous pouvons reprendre leurs mots à notre compte !      Je n’étais pas… Je n’étais rien… Pas encore aimable.    Le Seigneur m’a saisi et je me suis laissé saisir.

Bref, c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis. — On pourrait citer à témoins toutes les grandes figures prophétiques et apostoliques des deux testaments.    Ce n’est pas vous qui m’avez choisis, mais moi…    Il m’a dit viens, va, je te donne ma parole… Sa parole, le psaume 18 la dit tour à tour, loi, charte, préceptes, commandements.    C’est la parole de l’Alliance d’amour de Dieu avec le monde.    Elle est rude, jusqu’à la violence quand Amos ou Jean-Baptiste appellent à la conversion.    Elle est pleine de tendresse quand Dieu, dans le Christ, réconcilie le monde avec lui.    Quand il met sa parole de réconciliation en notre coeur, dans notre bouche.

Cette parole de réconciliation, ce pouvoir par Dieu donné aux hommes pour sa gloire,    Matthieu les montre à l’oeuvre dans le ministère de Jésus.    Auprès des pauvres, des exclus de toutes espèces, des paralysés cloués au brancard du mal, du péché et de la mort.    Auprès des gens assoiffés de justice et de bonheur, auprès de ceux et celles qui sont inquiets de l’avenir…    Le Christ ressuscité nous entraîne aujourd’hui dans la victoire de sa Pâque par cette parole de réconciliation.    C’est en Église que Dieu nous la donne.    Tantôt parole sacramentelle du pardon des péchés.    Tantôt parole fraternelle qui réveille la charité ou l’espérance.    Tantôt parole pleine d’humanité qui ouvre un avenir hors de toute attente.    Tantôt parole d’amitié qui libère de l’angoisse, qui guérit la solitude.

Portée par l’Esprit, que notre parole soit toujours digne de la parole de réconciliation que nous avons reçue gratuitement, sans mérite de notre part.    Qu’elle soit de celles qui suscitent l’émerveillement et l’Action de grâce envers Dieu qui nous la donne.    Qu’elle dise notre bonheur de croire.    Qu’elle nous aide à marcher dans la vérité à la suite du Christ Jésus.    Qu’elle nous rapproche du but, le festin des noces éternelles, dont nous anticipons la fête en chaque eucharistie.

Fr. Jean-Marc Perreault O.P.


Amos 7,10-17 ; Psaume 18b ; (2Cornthiens 5,19) Matthieu 9,1-8