Dimanche des vocations !

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

Presque 60 ans que ce dimanche est celui de la prière pour les vocations. En ce temps-là, l’Église d’ici, glorieuse, envoyait par milliers ses missionnaires autour du monde. On pouvait alors douter qu’un tel dimanche lui soit vraiment nécessaire. Aujourd’hui, c’est impossible!

Vous avez vu le chœur où nous célébrons : 120 stalles pour autant de frères. En ce temps-là, notre couvent était plein, l’église aussi. Aujourd’hui, nous sommes à peine vingt, pensionnaires inclus. Pandémie ou pas, l’état de santé des Églises du monde occidental comme de la nôtre fait penser que le loup a pris une bergerie abandonnée. Il y a plus de brebis en dehors de l’enclos que dedans.

Il me semble que ça change la tournure de la prière pour les vocations. Que ça nous conduit aux affirmations clés de la foi baptismale.  Là où il n’y a pas de différence entre vous et nous. Là où nous sommes tous un dans le Christ, laïcs et clercs, hommes et femmes. Je saisis quelques bribes dans la Parole du jour.  

D’abord, dans les Actes des Apôtres. Ce Jésus est la pierre angulaire qui tient tout. Son nom est le seul qui puisse relever, donner la vie, faire tenir le monde debout. Prière, pour que ces mots de la foi continuent de structurer et guider notre vie. Action de grâce pour l’Esprit qui les fait monter en nous autant que chez les apôtres pourtant jugés comme des gens sans instruction et insignifiants.

Ensuite, l’affirmation de la 1re lettre de saint Jean : insistante, tant ce n’est pas évident. Bien-aimés, nous sommes enfants de Dieu… dès maintenant. Les rites du baptême sont bien faibles pour faire pressentir la puissance de transformation du Ressuscité qui nous unit à lui. Prière, et action de grâce pour l’Esprit qui nous révèle à nous-mêmes, infiniment au-delà de nos savoirs et de l’expérience quotidienne de nos fragilités. — Qu’il achève son œuvre en nous!

Notre vocation a une base solide : elle appuie notre vie personnelle et celle de l’Église sur la vie du Ressuscité. Notre vocation est une vie, la vie de Dieu dans notre vie. Selon les mots de Jésus : Je connais mes brebis, elles me connaissent. Nous sommes connus et aimés de l’amour même qui unit le Père et le Fils. Il s’agit nullement d’une métaphore, d’une pensée pieuse ou de pensée magique.

Le bon pasteur ouvre la voie :  Voici pourquoi le Père m’aime, parce que je donne ma vie. Donner sa vie : c’est peut-être plus vrai que jamais aujourd’hui. En ces temps de confinement forcé où grande solitude et détresse frappent autant les jeunes que les personnes âgées. Il y a toujours quelqu’un pour qui donner sa vie, sortir de soi, oublier ses propres intérêts. Perdre sa vie… Donner la vie autant que nous le pouvons, selon ce que nous sommes.

Voilà jusqu’où va notre vocation commune de baptisés. Tel est le don de Dieu qui fait la réalité profonde de notre être et donne tout son sens à notre vie. Veut veut pas, on finit toujours par la perdre la vie. En nous conduisant à la donner avec lui, comme lui, le Ressuscité nous donne l’assurance de la retrouver par lui et en lui.

Voilà pourquoi nous prions en rendant grâce les uns pour les autres. Pour les grands-parents et les parents. Pour les éducateurs et les éducatrices. Pour les enfants et les jeunes qu’ils ont mission d’éveiller à la Vie du Seigneur qui veut grandir en eux. Pour ceux et celles qui scrutent la Parole, contemplent, annoncent et célèbrent les mystères de l’amour de Dieu. Pour les pasteurs qui ont mission de guider l’Église de telle sorte qu’on reconnaisse dans ses mots l’Évangile de grâce du Seigneur. Pour les personnes qui ont vocation de veiller à la santé de notre maison commune et de tous les peuples qui l’habitent. — Un long et dense dimanche de prière pour les vocations!  

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