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La foi chrétienne vient d’en-haut
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Mt 16, 16) C’est la confession de foi de Césarée. En disant : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », Pierre a confessé, sans doute sans le savoir, le Christ comme vrai Dieu et vrai Homme. Il voyait bien le Jésus homme de chair, fils de Marie et de Joseph (cf. Mt 13, 55-56 ; Mc 6, 3). Mais, le Père des cieux l’a fait voir aussi le Fils de Dieu et Dieu, le Christ, le Sauveur de l’humanité. « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. » (Mt 16, 17)
La foi chrétienne ne vient des hommes, même si elle est confessée par les êtres humains. Elle est révélée par Dieu, en Jésus-Christ. Et même si elle est révélée par l’Homme Jésus, il s’agit de l’Homme-Dieu, le Christ qui a dit, par ailleurs : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » (Mt 11, 27 ; Jn 1, 18) La foi chrétienne vient d’en-Haut. Elle est descendante. Elle vient du Père qui révèle son Fils, le Christ, par l’Esprit-Saint. Paul s’émerveille devant cette révélation disant : « O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! […] Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire éternellement ! Amen. » (Rm 11, 33.36)
Nuée et lignée des témoins de la foi
La foi chrétienne vient d’en haut. Elle est descendante. Mais elle n’est pas venue à nous directement. Elle est passée par plusieurs personnes pour parvenir jusqu’à nous. Elle est passée par Pierre et, bien avant Pierre, par Marie à l’Annonciation (cf. Lc 1, 38.45) et par bien d’autres Elle est passée par une nuée et une lignée de témoins dont par la lettre aux Hébreux (cf. He 11) et dont nous faisons partie quand nous croyons au Christ le Fils de Dieu vivant.
Cette nuée et lignée de la foi suppose donc la transmission et le témoignage. La foi de Pierre a été transmise à l’Église. Elle est la foi de l’Église, la foi que l’Église confesse et professe depuis des millénaires. Il ne faudrait pas que la ligne de foi s’arrête à nous. Nous devons aussi la transmettre comme un patrimoine, comme un héritage à d’autres. Aujourd’hui, on nous parle beaucoup des réseaux sociaux. Il faudrait davantage aussi des réseaux de la foi. Le journal de la province dominicaine Saint-Dominique du Canada s’appelle Réseau. Comme chrétiens et chrétiennes, il nous faut bien davantage un réseautage de la foi. Ce réseautage permettra, non pas seulement une communication de foi, mais bien davantage une communion de foi ; communion à la fois verticale et horizontale.
La foi chrétienne et ascendante
La foi chrétienne vient d’en haut de chez Celui qui est le Très Haut. Elle est descendante Mais elle est aussi ascendante ou montante. Elle est comme de la pluie. Elle ne vient pas rester sur terre. Elle vient d’en haut pour chercher les cœurs qui sont en bas et les faire monter vers le haut, vers le Ciel, vers Dieu. Quand nous confessons la foi qui vient d’en haut, comme Pierre, nous la faisons monter vers Dieu, vers sa Source et sa Fin. Cette élévation des cœurs, par la foi, est sanctifiante.
Répondant à la confession de foi de Pierre, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. » (Mt 16, 17) La confession de Pierre lui a confère une béatitude : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas. » Elle le fait aussi à tous ceux et celles qui confessent la foi de Pierre. Nous sommes béatifiés, nous sommes des bienheureux et des bienheureuses, à cause de la foi de Pierre dans le Christ, le Fils du Dieu vivant. Nous sommes bienheureux chaque fois qu’on confesse comme lui le Christ, le Fils du Dieu vivant. Il n’est pas seulement Christ mais, aussi et surtout, le Fils du Dieu vivant. C’est ainsi qu’on se doit de l’appeler.
De la foi confessée, professée et priée à la foi vécue
La dimension ascendante de notre foi nous permet d’établir un lien avec ce que la tradition de l’Église a appelé les trois Lex (lois) :
- Lex credendi : loi de la foi
- Lex orandi : loi de la prière
- Lex vivendi : loi de la vie
La loi de la foi fait la loi de la prière : Il n’y a pas de prière véritable sans la foi en le Dieu que nous prions. La loi de la foi fait la loi de la vie. Croire c’est aussi vivre sa foi, vivre ce qu’on croit ou Celui en qui on a cru. C’est pourquoi on parle de la foi vivante. Les trois Lex nous invitent donc simplement à savoir prier ce que ou Celui en qui nous croyons : Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, je crois en toi, je t’espère et je t’aime. Ceci suppose que nous vivions ce que nous croyions. Car il y a foi par la parole et la foi par les actes, par la vie. Montre-moi ta foi sans les œuvres [sans la vie], nous dit Jacques, et je te montrerai la mienne par les œuvres, par la vie (Jc 2, 18).
Pour être un(e) croyant(e) complet(e) du Christ, il s’agit d’aller de la foi confessée, professée et priée à la fois vécue. La vie est ou devait être un lieu de grande confession de foi, c’est-à-dire un grand credo de sorte qu’en nous voyant vivre, les gens puissent croire même s’ils ne venaient pas à l’église. Nous comprenons, l’importance du témoignage vrai et, surtout, pourquoi le contre témoignage peut être dangereux. Nietzsche disait au siècle passé : je croirais en leur Dieu si, au moins, en sortant de leurs églises ils avaient un visage de ressuscités. On doit pouvoir faire note vie une confession de foi et de notre confession de foi une vie, une prière.
Pierres de la foi, pierres contre la foi
La foi de Pierre, l’apôtre est comme une pierre, un roc, sur et par laquelle le Christ a bâti son église. Sans cette pierre ou roc de la foi, la bâtisse est morte. C’est elle qui fait vivre la bâtisse et en donne sens. Soyons donc, comme Pierre et à sa suite, des Pierres de la foi en tant que des personnes confessantes, afin que notre foi soit de petits rocs de l’église. S’il y a des Pierres de la foi confessée, il y a aussi des pierres lancées contre la foi et les porteurs de la foi de par le monde. Prions pour ceux qui sont persécutés à cause de leur foi. Car la foi est aussi comme une croix sur laquelle et à cause de laquelle on peut nous crucifier. Que l’Eucharistie de ce jour nourrisse notre foi, notre prière de foi et notre vie de foi.
Is 22, 19-23 ; Ps 137 (138) ; Rm 11, 33-36 ; Mt 16, 13-20