Ça vous tente ?

Paroisse Saint-Jean-Baptiste – Ottawa https://sjb-ottawa.org

« Allez, Ève, ce fruit de l’arbre a l’air si bon, laisse-toi tenter ! Tu ne vas pas en mourir ! » Parmi les bêtes sauvages du jardin d’Éden, le serpent est le plus rusé. Il est le tentateur, celui qui cherche à ce que l’homme et la femme n’aient plus confiance en Dieu et à ce qu’ils détournent leur regard de lui. Adam et Ève se laissent tenter, ils succombent, ils tombent, ils chutent.

« Allez, Jésus, laisse-toi tenter ! Tu ne vas pas en mourir ! » Parmi les bêtes sauvages du désert, Satan est le plus rusé. Il est le tentateur, celui qui cherche à ce que Jésus se détourne de son Père. Jésus est tenté, mais il ne succombe pas, il ne tombe pas.

« Allez, frères et sœurs, laissez-vous tenter ! Vous prendrez bien un petit chocolat pendant carême ? Une bonne petite gourmandise ? Une belle petite jalousie, un beau petit mensonge, une petite hypocrisie ? Vous n’allez pas en mourir ! » Parmi les bêtes sauvages qui habitent en nos cœurs, il y a des tentations qui cherchent à nous détourner de Dieu, à nous faire trébucher, à nous faire tomber pour ne plus pouvoir nous relever.

Soyons bien clairs, frères et sœurs, les tentations du Christ ne viennent pas de Dieu, les tentations auxquelles nous sommes confrontés dans nos vies ne viennent pas de Dieu. Il ne faudrait pas confondre « tentation » et « épreuve ». L’épreuve n’est pas la tentation.

Dans l’Ancien Testament, c’est Dieu qui conduit le peuple d’Israël au désert pendant quarante ans pour l’éprouver, pour le mettre à l’épreuve, pour tester sa confiance, mais pas pour le tenter. Le désert est avant tout le lieu de l’épreuve. Les tentations ne viennent pas de Dieu, elles viennent du cœur endurci des Hébreux.

Dans l’Évangile, c’est l’Esprit qui « pousse » Jésus au désert pendant quarante jours, mais ce n’est pas pour le tenter. Les tentations ne viennent pas de Dieu, elles viennent de Satan.

Frères et sœurs, c’est Dieu qui parfois nous conduit au désert, là où la vie n’est pas facile. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Nous traversons tous des épreuves difficiles, la maladie, la souffrance, la solitude, des séparations, des ruptures. Nos vies sont parfois des traversées du désert où tout est sec et où rien ne pousse. C’est Dieu qui le permet, et même il le veut. Ces épreuves ne sont pas des pièges destinés à nous faire tomber. Une épreuve sportive, par exemple, a pour but de révéler le meilleur d’un athlète. Les épreuves de nos vies sont dures à vivre mais elles sont une bonne chose car elles dévoilent les qualités du cœur de la personne éprouvée. Dieu nous conduit parfois au désert pour éprouver notre confiance en lui et pour nous faire grandir dans la foi.

C’est pour cela que Dieu ne laisse jamais seules les personnes qui traversent l’épreuve du désert, il marche avec elles, il ne les lâche pas, car il sait que quelque chose de bon et de grand peut en surgir, même dans les larmes. Car même en plein désert, les larmes sont encore fertiles. Et le désert peut refleurir, les arbres poussent et donnent du fruit.

Mais les épreuves de nos vies ne sont pas des tentations. Dans l’épreuve peuvent surgir des tentations : c’est la tentation du découragement, du désespoir, de la tristesse. Ces tentations ne viennent jamais de Dieu : Dieu ne nous conduit pas à la tentation, Dieu ne nous soumet pas à la tentation. Dieu n’est pas un tentateur. Tout simplement parce que la tentation est une mauvaise chose qui ne vise que notre chute, elle cherche à nous faire tomber. Succomber à la tentation, consentir à la tentation, cela revient à se détourner de Dieu. Entrer en tentation (ou dans la tentation), c’est finalement perdre la confiance en Dieu et tout simplement perdre la foi.

Dieu ne peut donc pas vouloir la tentation, c’est pourquoi lui seul peut nous aider à ne pas entrer en tentation. Il veut même nous en sortir. C’est ce que nous lui demandons quand nous prions le Notre Père : « Ne nous laisse pas entrer en tentation, » et si nous avons succombé par notre faute, alors viens nous en sortir.

Pour ne pas succomber aux tentations et aux embûches de l’ennemi, il nous faut prendre pour modèle Jésus Christ : l’Esprit l’a « poussé » au désert pour un temps d’épreuves de quarante jours. Il y vit dans la présence de son Père : « Et les anges le servaient ». Mais « il vivait [aussi] parmi les bêtes sauvages, » les tentations. Il n’est jamais tombé. En luttant contre les tentations au désert, il nous montre le chemin du combat spirituel.

À sa suite, quand nous traversons des épreuves, quand nos vies sont des traversées du désert, rappelons-nous que nous ne sommes jamais seuls. Dieu est là, il nous appelle à mettre toute notre confiance en lui et à grandir dans la foi. Si dans ces épreuves, nous sommes attaqués par les tentations de la rancœur, de la haine, du désespoir, du découragement ou de la tristesse, combattons-les, et appelons le Christ en renfort. Il nous montre le chemin de la victoire.

À la fin du carême, il sera au désert du Golgotha, il remettra son Esprit, de l’eau jaillira de son côté transpercé, ce fleuve du milieu qui irrigue le désert pour le transformer en jardin florissant. De ce déluge d’amour apparaîtra alors l’arc-en-ciel au milieu des nuages, le Christ ressuscité qui établit l’alliance éternelle entre Dieu et la terre. Nous serons alors sauvés à travers l’eau du baptême. Ça vous tente ?

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