De notre archevêque : Est-ce encore possible de célébrer l’Avent à notre époque ?

Chers frères et sœurs dans le Christ,

L’Avent, le temps qui nous est donné pour nous préparer à Noël, débute aujourd’hui. En ce jour, j’ai le goût de partager avec vous deux questions qui me viennent à l’esprit :

Est-il encore possible de se préparer spirituellement à fêter Noël dans notre « société de consommation » ? Dans ce monde si agité, prendrons-nous le temps de faire de la place dans notre cœur pour accueillir l’Enfant Jésus? Nos cœurs et nos esprits sont-ils plutôt tellement surchargés que nous refusons d’accueillir cet Enfant-Dieu qui vient vers nous, tout comme le fit l’aubergiste, à Bethléem, le jour de la Nativité de notre Seigneur?

Le mot « Avent » tire son origine du mot latin qui signifie « à venir ». Le temps de l’Avent est un temps de préparation. Durant ces jours, les chrétiens se préparent à célébrer la première venue de Jésus-Christ à Noël : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité » (Jean 1,14).

Certaines pratiques traditionnelles peuvent nous aider à nous préparer à fêter dans la joie cet événement extraordinaire : ce jour-là, en ce premier Noël, le ciel et la terre se sont rejoints grâce à la venue de Jésus parmi nous.

Aux messes dominicales, à l’église, les prêtres et les diacres portent des vêtements violets trois des quatre dimanches de l’Avent. La traditionnelle couronne de l’Avent qui orne le sanctuaire de l’église paroissiale et la table de nombreuses familles, comprend trois chandelles de couleur violette. Le violet est une couleur pénitentielle, exprimant la tristesse et la contrition. C’est une tradition de longue date pour les catholiques que de célébrer le sacrement de Réconciliation (aussi connu sous le nom de « confession » ou « sacrement de la pénitence ») dans les semaines qui précèdent Noël. Cette pratique porte beaucoup de bons fruits, autant aujourd’hui que dans le passé.

Les paroisses invitent parfois un prédicateur à venir prêcher une retraite durant le temps de l’Avent pour aider les paroissiens, paroissiennes, à se préparer pour Noël. Plusieurs ressources imprimées et en ligne peuvent nous aider à nourrir notre prière et nos réflexions sur le vrai sens de Noël, alors que nous sommes à la maison ou ailleurs.

Certaines familles se servent du livret de prière spécialement préparé pour l’Avent pour prier ensemble à l’heure du repas et profitent de cette occasion pour allumer une des bougies de leur couronne de l’Avent.

Les familles avec de petits enfants peuvent choisir d’acheter un calendrier de l’Avent; chaque jour, les enfants peuvent ouvrir une petite fenêtre et découvrir un nouveau message ou une image reliés à l’Avent.

Prier devant la crèche de Noël ou la scène de la Nativité telle que conçue par Saint François d’Assise il y a des centaines d’années, fait encore partie de nos dévotions populaires. Certaines crèches prennent une signification particulière, surtout celles qui ont été transmises de génération en génération. Une pratique devenue populaire dans certains milieux consiste à placer les trois rois mages dans le salon comme s’ils étaient en marche, et de les rapprocher un peu plus chaque jour de l’étable et du berceau dans lequel repose le Christ-Enfant!

Ces pratiques, et d’autres encore, nous permettent de nous rappeler quel est le véritable sens de Noël : Dieu a tant aimé le monde qu’il nous a envoyé son Fils unique, semblable à nous en tout sauf le péché, pour nous ramener dans l’intimité de l’amour de notre Dieu.

Il est facile de nous laisser distraire par toutes ces fêtes, ces décorations, ces recherches de cadeaux parfaits, l’envoi de cartes (traditionnelles ou virtuelles) et l’agitation générale des semaines avant le 25 décembre et d’oublier que, pour nous qui sommes chrétiens, « Jésus est la raison de toute cette célébration, la source de tout cet éclat de joie ».

Durant cet Avent de l’an 2018, faisons un effort et adoptons l’une ou plusieurs de ces pratiques traditionnelles. On peut choisir de réciter une prière ou de lire un texte qui nous rappelle la véritable signification de Noël; de passer quelques instants chaque jour devant la crèche; de placer une couronne de l’Avent sur la table de cuisine, en allumer les bougies et prendre le temps de réciter un bénédicité; de faire une préparation pénitentielle et de célébrer le sacrement de Réconciliation; de contribuer de manière spéciale au soutien des pauvres dans notre communauté. Chose certaine, Jésus comblera de ses dons tous ceux et celles qui feront un peu d’espace dans leurs vies pour accueillir l’Enfant Jésus dans leurs cœurs et dans leurs familles.

Que Dieu vous bénisse.

Terrence Prendergast, s.j. Archevêque d’Ottawa
et Évêque d’Alexandria-Cornwall

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